Les jeunes qui ont développé un sentiment d’identité positif, solide et intégré ont une bonne estime de soi (ils ont conscience d’avoir de la valeur et d’être appréciés) et le sentiment d’être compétents (ils ont conscience de leur pouvoir personnel et croient en leur capacité de réussir). Ils ont accepté les transformations physiques et sexuelles qui accompagnent la puberté et s’y sont adaptés. Leur sentiment d’autonomie se développe sainement et ils sont capables de prendre les bonnes décisions et d’en accepter les conséquences. Test

Facteurs déterminants pour l’obtention de résultats positifs : consolidation du sentiment d’identité

 
Milieu familial aimant
 

Soutien des personnes significatives

 

Cadres de vie et d’apprentissage favorables au développement

  Médias

Nota : Ces facteurs déterminants sont également indiqués dans le menu déroulant présenté ci-dessus. Utilisez ce menu pour naviguer sur cette page.


L’être humain est à la recherche de son identité toute sa vie; cependant, la quête de l’identité et le besoin de comprendre et de définir les rôles sociaux revêtent une importance cruciale pendant l’adolescence.

Cette grande préoccupation à l’égard de l’identité est due en partie aux changements physiques, sexuels, psychologiques et intellectuels qui accompagnent la puberté. L’augmentation du taux d’oestrogène chez les filles et de testostérone chez les garçons entraîne le développement des caractères sexuels secondaires, y compris l’arrivée des premières règles chez les filles (en moyenne vers 12 ans). Chez les deux sexes, la maturation sexuelle provoque une transformation de la structure et de la forme du corps : augmentation de la masse musculaire chez les garçons et des tissus graisseux chez les filles, modification de la voix, développement des organes, pousse des poils et apparition de l’acné (le cauchemar des adolescents). À l’adolescence, le développement physique survient souvent de façon rapide et inégale et le jeune garçon ou la jeune fille ne se sent pas à l’aise dans son nouveau corps. La fille ou le garçon qui subit cette transformation plus tôt ou plus tard que ses camarades se sent différent des autres et n’est pas toujours prêt à accepter les changements associés au développement de sa sexualité.

La famille, le milieu socio-économique, le sexe et la culture sont tous des facteurs qui ont une influence sur le développement de l’identité. Il est difficile pour l’adolescent de découvrir son identité particulière sous la pression constante exercée par ses pairs et ses parents pour qu’il se conforme à leurs attentes. En même temps, le jeune ado requiert et demande que les adultes importants de sa vie le guident, l’appuient et lui fixent des limites raisonnables.

Pour pouvoir développer une image positive, solide et intégrée de lui-même, l’adolescent doit avoir des occasions de faire des choix, d’expérimenter divers rôles et activités et d’interagir avec un large éventail de personnes, incluant des adultes à l’extérieur de la maison et des camarades des deux sexes. Il a aussi besoin d’évoluer dans un milieu prévisible, c’est-à-dire qui comporte des limites raisonnables et bien définies, auprès de personnes soucieuses de son bien-être.

Les stratégies qui favorisent la consolidation du sentiment d’identité aident l’adolescent à développer :

  • une bonne estime de soi (il a conscience d’avoir de la valeur et d’être apprécié);
  • un sentiment de compétence (il a conscience de son pouvoir personnel et croit en sa capacité de réussir);
  • un sentiment d’acceptation face aux transformations physiques et sexuelles de la puberté (et la reconnaissance de son identité sexuelle);
  • une saine perception de son autonomie personnelle et de son indépendance, conforme à son âge.

Le sexe et la culture ont une grande influence sur la formation de l’identité. L’adolescent qui grandit dans une famille d’immigrants, de réfugiés ou d’autochtones vivra peut-être une crise d’identité provoquée par la rupture avec ses traditions culturelles. Il arrive que les parents immigrants craignent ou n’acceptent pas que leurs ados se conforment au mode de vie des Canadiens, situation qui risque de devenir une source permanente de conflit. Il est important pour les jeunes de comprendre leur culture d’origine et d’y prendre part tout en ayant la liberté de vivre les mêmes expériences que leurs pairs.

Le rapport « Nos jeunes, leur santé » publié en 1992 ainsi que de nombreuses études révèlent que les adolescentes ont tendance à avoir une moins bonne estime de soi que les garçons de leur âge. (249) Une importante étude menée auprès de 3 000 enfants a démontré qu’à neuf ans, la majorité des filles ont confiance en elles, s’affirment et ont une image positive d’elles-mêmes. Par contre, quand elles arrivent à l’école secondaire, moins du tiers d’entre elles se sentent encore ainsi, selon l’American Association of University Women.

Les filles ont plus tendance que les garçons à montrer des signes de détresse psychologique. Entre quatre et sept ans, 3 pour 100 des filles sont « inquiètes »; cette proportion passe à 8 pour 100 entre huit et onze ans. (93) Les filles sont davantage portées à faire des tentatives de suicide, mais échouent plus souvent, tandis que les garçons sont plus susceptibles de réussir leur tentative de suicide. Les garçons sont plus enclins à abandonner leurs études ou à se faire expulser de l’école. (277)

Pourcentage des élèves canadiens qui disent...
Âge
% garçons
% filles
J’ai de la difficulté à prendre des décisions par moi-même
11
13
29
24
37
39
Je m’aime comme je suis
11
13
81
82
77
68
J’ai confiance en moi
11
13
74
74
66
54
J’aimerais souvent être quelqu’un d’autre
11
13
34
29
42
45
Je changerais d’apparence physique si je le pouvais
11
13
36
39
47
58
Je dois perdre du poids
11
13
25
20
37
42
Je dois prendre du poids
11
13
17
21
9
11
Source : Nos jeunes, leur santé, 1992.

L’Enquête longitudinale nationale sur les enfants a clairement démontré que les enfants pauvres ayant de bons parents réussissent aussi bien sinon mieux que les enfants de la classe moyenne ou aisée qui sont mal élevés. Cela revient à dire que la qualité de l’engagement parental a une plus grande influence sur le développement et le comportement des jeunes que le revenu familial, par exemple. Il n’en demeure pas moins que la pauvreté a d’importantes conséquences indirectes dans la mesure où elle impose un stress aux parents. Les problèmes financiers aggravent les problèmes personnels et psychologiques des parents ainsi que les problèmes interpersonnels au sein de la famille. L’alcoolisme ou la toxicomanie, la détresse parentale et la maladie mentale, les conflits et la violence (qui peuvent être provoqués ou empirés par la pauvreté) sont des problèmes qui jouent un rôle important dans le développement des troubles psychiatriques chez les enfants et les adolescents. L’effet de multiples facteurs de risque est cumulatif et donc supérieur à la somme de chaque facteur de risque pris individuellement. (271, 194, 244, 4, 245, 110)

Il est vrai que les enfants issus de familles pauvres rencontrent généralement plus d’obstacles et de sources de stress, et qu’il est de ce fait plus difficile pour eux de développer une image positive d’eux-mêmes. Mais ce sont sans doute bien plus les privations découlant de situations comme l’itinérance, la négligence ou la violence familiale — associées ou non à la pauvreté — qui minent le sentiment de compétence et font le plus de tort à l’estime de soi. (244)


Milieu familial aimant

Les adultes qui jouent un rôle parental exercent une grande influence sur le développement du sentiment d’identité et de l’estime de soi des enfants et des adolescents. Les enfants qui grandissent dans une famille où les sentiments et les émotions sont exprimés ouvertement réussissent mieux à définir et à décrire leurs propres sentiments. Le soutien, l’intérêt et l’implication des parents sont particulièrement importants. L’enfant dont les parents sont désintéressés court un plus grand risque de développer une image négative de lui-même. Il est en effet prouvé que l’indifférence est plus dommageable que les punitions corporelles ou le rejet. (247)

Dans une famille où les parents entourent leurs enfants d’affection, leur enseignent le respect, les encouragent à se dépasser, leur offrent des occasions de réussir et leur donnent la liberté de faire des choix à l’intérieur de limites clairement définies, les enfants et les adolescents ont toutes les chances de développer un sentiment de compétence et une perception positive de leur propre valeur. Les enfants qui grandissent dans une famille qui manque d’empathie, de communication ou de confiance, ou qui sont exposés à la négligence, aux abus ou à des conflits non réglés, sont privés quant à eux de la plus importante source d’éloges, d’encouragements et de réconfort qui soit. Ils risquent d’avoir une image négative d’eux-mêmes et de se croire sans importance. Il est difficile dans cette situation de développer un sentiment d’identité positif dans l’adolescence.

La discipline est l’une des plus grandes difficultés auxquelles font face les parents de préadolescents ou de jeunes adolescents. Dans sa quête d’autonomie, l’adolescent conteste les limites, fait des expériences nouvelles et a des disputes avec ses parents. Les parents doivent accorder à leurs enfants une liberté qui convient à leur âge tout en appliquant des méthodes disciplinaires fermes, mais non contraignantes, et en évitant de les ridiculiser ou de les brutaliser. Malgré ses plaintes, l’adolescent sait bien au fond qu’en lui fixant des limites raisonnables, ses parents lui témoignent de l’amour et de l’intérêt. Pour connaître des lectures utiles sur la vie avec des adolescents, consulter la section « Lectures suggérées aux parents ».

Aider l’enfant à s’adapter aux transformations que subit son corps à la puberté est une autre tâche importante des parents. L’enfant chez qui la maturation sexuelle se produit plus tard que ses pairs peut se sentir différent ou inférieur. À l’inverse, ceux qui sont plus précoces que leurs pairs risquent d’être exposés à des situations sociales et sexuelles auxquelles ils ne sont pas préparés. Les préoccupations des jeunes face à leur taille ou à leur poids peuvent entraîner de graves problèmes, comme une mauvaise alimentation et des troubles de l’alimentation.

L’enfant qui traverse une forte poussée de croissance doit avoir accès à des aliments sains et nutritifs, à des occasions de faire des activités physiques agréables, à de l’information sur les changements sexuels qui sont en train de se produire et à quelqu’un qui saura prêter une oreille attentive à ses sentiments.


Aider à développer un sentiment de sécurité chez l’enfant en lui offrant un milieu familial à l’abri des dangers, en développant sa confiance, en réglant les conflits et en fixant des limites claires. (248)

  • Établir les limites de ce qui est acceptable. Ces limites peuvent avoir trait à la façon de traiter les autres, à la valeur de l’honnêteté, au respect de la propriété d’autrui, aux attentes vis-à-vis des corvées ou des devoirs à faire, etc.

  • Reconnaître les sentiments d’angoisse ressentis dans les périodes de crise familiale, comme dans le cas d’une séparation ou d’un divorce. Encouragez vos enfants à parler de ce qu’ils ressentent et répétez-leur que vous les aimez. Demandez de l’aide pour vous-même ou vos enfants si les problèmes persistent.

  • Demander de l’aide sans tarder si vous ou vos enfants êtes exposés à des abus ou à une situation de violence familiale.

Aider l’enfant à construire son estime de soi.

  • L’encourager et le féliciter souvent. N’insistez pas sur les aspects négatifs et soulignez les côtés positifs. Reconnaître ses points forts et ses efforts.

  • Reconnaître ses points forts et ses efforts.

  • Lui démontrer de l’affection, de l’amour et du respect.

  • L’encourager à s’autoévaluer de façon réaliste.

  • Lui offrir des occasions de pratiquer des sports ou de participer à des activités physiques ou éducatives, et l’appuyer dans ses efforts. Il a été démontré que les activités de ce genre avaient une influence positive sur l’estime de soi. (252)

  • Éviter les stéréotypes et les commentaires du genre : « Arrête de te conduire comme une fille! ».

Aider l’enfant à développer son sentiment d’appartenance. (248)

  • Si la dépression ou d’autres problèmes vous empêchent de vous impliquer auprès de vos enfants, demandez de l’aide.

  • Organiser des activités familiales — vacances, pique-nique, baignades, rituels familiaux et projets que vous réalisez ensemble.

  • Donner le bon exemple. Montrez-vous tolérants et accueillants envers les autres. Ne permettez à aucun membre de la famille d’agir de façon discriminatoire envers quelqu’un à cause de son sexe, sa race, son origine ethnique ou son orientation sexuelle.

  • Encourager l’enfant à établir des relations avec ses pairs et d’autres adultes dignes de confiance.

  • Encourager l’enfant à faire partie de groupes à l’école, à l’église ou autres lieux de culte et dans la communauté.

  • Encourager l’enfant à participer à des activités qui ont trait à sa langue et sa culture d’origine et à apprendre les traditions propres à sa culture.

  • Lui fournir des occasions de participer à des activités sportives, récréatives et autres activités physiques en groupe, et l’appuyer dans ses efforts.

Aider l’enfant à développer un sentiment de compétence.

  • Rester en contact avec l’école de l’enfant et encourager les activités d’apprentissage à la maison. Communiquez avec votre association de parents locale pour obtenir de l’aide. Elle aura peut-être des outils, comme le « Parent Resource Kit Project », conçus pour aider les parents à seconder leurs enfants dans leurs études.

  • Avoir envers l’enfant des attentes raisonnables et adaptées à son âge en ce qui concerne son comportement et ses réalisations. Impliquer les jeunes adolescents dans la définition des attentes à leur endroit dans ces domaines.

  • Aider l’enfant à se fixer des buts réalisables à court terme et le féliciter quand il les atteint.

  • Donner des conseils aux enfants, mais éviter de leur dire quoi faire exactement pour atteindre le but visé.

  • Aider l’enfant à faire face au stress et à contrôler ses émotions lorsqu’il est sous pression.

Trouver un équilibre entre ce qu’on demande aux enfants et ce qu’on leur donne.

  • Ne pas tout accepter de façon inconditionnelle, car cette attitude transmet à votre enfant le message suivant : « Tu peux te conduire comme tu l’entends parce que peu importe ton comportement, je t’accepte comme tu es. » L’enfant qui se croit tout permis court à l’échec dans sa vie en société car les autres enfants et adultes ne l’accepteront pas de façon aussi inconditionnelle.

  • Être prêt à donner autant que l’on demande.

  • Appliquer une discipline ferme, mais non contraignante - éviter d’humilier ou de malmener un enfant ou de lui refuser des libertés adaptées à son âge. L’attitude brutale et contraignante des parents est associée au comportement antisocial, aux difficultés scolaires, au rejet des pairs et à la dépression. (247)

  • Affronter directement les conflits et recourir à la négociation pour les régler.

Aider l’enfant à s’adapter aux transformations physiques et sexuelles qui surviennent à la puberté.

  • Discuter avec l’enfant des changements physiques et sexuels de la puberté. Être attentif à ses préoccupations et répondre avec honnêteté à ses questions.

  • Rassurer l’enfant dont la maturité physique survient plus tard que ses pairs en lui expliquant que c’est normal et qu’il les rattrapera bientôt. Éviter de minimiser ses inquiétudes à ce sujet.

  • Discuter avec l’enfant qui se développe de façon précoce et le préparer aux expériences liées au développement de sa sexualité. Par exemple, les filles et les garçons qui se développent plus rapidement commencent généralement plus tôt que leurs pairs à avoir des relations amoureuses.

  • Éviter d’insister sur le poids ou l’apparence physique. Complimentez votre enfant sur d’autres réalisations.

  • Proposer aux ados de bons choix alimentaires et de l’information sur une alimentation saine, mais leur laisser choisir ce qu’ils veulent manger (à l’intérieur de limites raisonnables).

  • Encourager les ados à accepter leur corps et à faire de l’activité physique.

  • Enseigner aux enfants à se montrer respectueux et sensibles à l’égard des changements physiques et psychologiques vécus par leurs pairs du sexe opposé.

  • Discuter avec les préadolescents de l’identité sexuelle et de l’importance de respecter l’orientation sexuelle de chacun.

  • Donner des occasions aux parents de s’impliquer dans la vie de l’école de leurs enfants.

  • Proposer aux parents des activités d’apprentissage qu’ils peuvent faire à la maison avec leurs enfants.

  • Organiser des groupes de parents et des activités au cours desquelles les parents peuvent se renseigner sur les changements normaux qui surviennent à l’adolescence, sur les signes de détresse à surveiller chez leurs enfants et sur la façon de favoriser une bonne estime de soi.

  • Veiller à ce que chaque enfant soit connu plus intimement d’au moins un adulte dans l’école.

  • Aider les jeunes parents à en apprendre davantage sur leur rôle parental. Offrir de l'information et du soutien au moyen de mentorat ou de groupes de soutien spontanés, de centres de ressources groupes de parents, de bibliothèques, de centres recréatifs, de lignes téléphoniques d'information, de haltes-accueil, d'organismes coomunautaries et de visites à domicile.

  • Offrir des programmes et des cours de compétences parentales pour améliorer le fonctionnement des familles.

  • Offrir des occasions aux familles de renforcer leurs liens culturels. Le projet « Dene Yati », dans les Territoires du Nord-Ouest, est un bon exemple d’initiative mise sur pied par une communauté pour permettre aux jeunes gens et aux familles de consolider leur identité culturelle commune.

  • Créer des programmes pour prévenir l’abus des enfants et la violence familiale. « Hawaii Healthy Start » est un exemple d’initiative très réussie en ce sens.

  • Offrir aux parents et aux enfants qui sont victimes de violence familiale des foyers de transition où ils seront en sécurité et recevront du soutien.

  • Consolider les services de placement familial et veiller à ce que les parents nourriciers reçoivent la formation et la supervision continue dont ils ont besoin pour être en mesure de répondre aux besoins des enfants confiés à leurs soins. (329) Essayer de placer les enfants dans des familles d’accueil qui partagent la même culture, habitent le même secteur géographique et appartiennent au même milieu économique. Un bon exemple est le « Inner City Foster Parents Program », une initiative mise sur pied au centre-ville, dans le secteur est de Vancouver.

  • Mettre en place des politiques favorables à la famille qui vont permettre aux parents de passer plus de temps avec leurs enfants (p. ex. : heures flexibles, possibilités de travailler à la maison et partage de postes).

  • Inviter des conférenciers et des organismes pour parler aux parents du développement de l’enfant et de la transition à l’adolescence dans le cadre de sessions d’information à l’heure du midi.

  • Offrir un programme d’aide aux employés (PAE) qui comporte un volet de counseling sur les compétences parentales et de l’aide aux parents qui vivent des situations de violence familiale.

Soutien des personnes significatives

L’enfant dont les parents sont incapables de lui apporter le soutien dont il a besoin peut quand même se développer sainement si une personne responsable prend la relève pour répondre à ses besoins d’épanouissement personnel. Un enseignant, un adolescent plus âgé, un adulte en position d’autorité (entraîneur, chef scout ou guide, instructeur), un guide spirituel ou une personne amie de la famille peut avoir une influence positive sur l’estime de soi de l’adolescent et sur le développement de son sentiment d’indépendance. Des membres de la parenté, comme un oncle, une tante ou l’un des grands-parents, peuvent jouer le même rôle.

Il peut être bénéfique pour l’enfant d’établir un lien d’attachement positif et continu avec un adulte bienveillant qui peut renforcer son estime de soi, le préparer à remplir ses rôles sociaux, le guider vers les ressources nécessaires et l’encourager à poursuivre ses études. Cette relation est souvent appelée « mentorat ». Les personnes plus âgées que l’enfant qui sont en mesure d’apporter un appui soutenu assument particulièrement bien le rôle de mentor. Être le mentor d’un enfant n’est pas une tâche facile. Elle peut toutefois apporter un nouveau sens tant à la vie de l’enfant qu’à celle du mentor.

Le mentorat et l’entraide par les pairs donnent l’occasion aux jeunes de former des liens d’attachement significatifs avec des pairs et des aidants un peu plus âgés qu’eux. Le pair qui agit comme mentor n’est pas un thérapeute, mais il peut donner des conseils, apporter un soutien affectif et, parfois, aider le jeune dans ses travaux scolaires. Le mentorat par les pairs est un rôle qui s’exerce à l’école ou dans la communauté. Dans les deux cas, il est important de fournir aux jeunes mentors une formation et une supervision adéquates. Pour plus d’information sur le mentorat par les pairs, consulter la section « Peer Helping Annotated and Indexed Bibliography ».

Les groupes d’entraide et de soutien peuvent aussi aider les jeunes à parler ouvertement des questions liées à l’estime de soi.


  • Consacrer du temps à un enfant de la famille élargie qui a besoin de l’attention d’un adulte bienveillant.

  • Devenir pour les enfants de la famille élargie un bon modèle de comportement.

  • Encourager les enfants à passer du temps avec d’autres membres de la famille et des adultes de confiance dans la communauté.

  • Encourager les enfants à participer à des activités organisées à l’école et dans la communauté par des adultes et des pairs dignes de confiance.


  • Veiller à ce que les enseignants et les instructeurs comprennent bien le développement de l’enfant et l’importance du mentorat.

  • Encourager les enseignants et les instructeurs à devenir des modèles positifs.

  • Fournir des occasions d’entraide et de mentorat par les pairs. Dans le cadre du programme culturel qu’a mis en place l’école secondaire Joe Duquette à Saskatoon, des pairs et des aînés agissent comme mentors pour enseigner les us et coutumes des Anciens aux élèves de neuvième année.

  • Collaborer avec les entreprises et les associations communautaires à la mise sur pied de programmes de mentorat. À titre d’exemple, à Hamilton en Ontario, l’association des Grands Frères, la Banque de Montréal et deux conseils scolaires ont fait équipe pour offrir un programme de mentorat aux élèves des quartiers défavorisés du centre-ville, sous les auspices du Industry-Education Council initiative.

  • Le programme « Communities in Schools » établit des partenariats qui font en sorte d’introduire à l’école des ressources provenant des entreprises, des organismes sociaux, des fondations et des organismes bénévoles pour venir en aide aux jeunes qui risquent d’abandonner l’école au secondaire.

  • Faire en sorte que chaque élève soit connu intimement d’au moins un adulte dans l’école.

  • Soutenir, évaluer et surveiller les programmes de mentorat comme ceux des Grands Frères et des Grandes Soeurs.

  • Veiller à ce que le personnel des programmes et des organismes de services à la jeunesse comprennent bien l’importance du mentorat et de quelle façon les jeunes développent une identité positive.

  • Appuyer les initiatives intergénérationnelles qui mettent les enfants en contact avec des personnes âgées.

  • Appuyer les activités animées par des pairs et dispenser une formation aux jeunes qui agissent comme leaders auprès de leurs pairs.

  • Collaborer avec les milieux de travail et les écoles à la mise sur pied de programmes de mentorat. À titre d’exemple, à Hamilton en Ontario, l’association des Grands Frères, la Banque de Montréal et deux conseils scolaires ont fait équipe pour offrir un programme de mentorat aux élèves des quartiers défavorisés du centre-ville, sous les auspices du Industry-Education Council initiative.

  • Encourager les programmes de mentorat au sein des groupes autochtones et multiculturels.

Penser à mettre en place un programme de mentorat réunissant des membres du personnel ou d’anciens employés à la retraite et des enfants qui manifestent un intérêt particulier pour le secteur d’activité de l’entreprise.

Collaborer avec les organismes communautaires et les écoles à la mise sur pied de programmes de mentorat. À titre d’exemple, à Hamilton en Ontario, l’association des Grands Frères, la Banque de Montréal et deux conseils scolaires ont fait équipe pour offrir un programme de mentorat aux élèves des quartiers défavorisés du centre-ville, sous les auspices du Industry-Education Council initiative.



Cadres de vie et d’apprentissage favorables au développement

Une société soucieuse du bien-être des enfants et des adolescents leur fournit un cadre de vie et d’apprentissage qui valorisent et respectent les jeunes. Lorsque les gouvernements, les entreprises, le milieu scolaire et la communauté joignent leurs efforts pour appuyer les jeunes et les familles, les enfants ont toutes les chances de grandir avec un sentiment d’identité solide et positif.

Pour raffermir chez les enfants le sentiment d’appartenance à la communauté en général, il est nécessaire que les écoles deviennent partie intégrante de la communauté et fassent équipe avec les parents et les associations communautaires. Il faut pour ce faire instaurer de nouveaux modes de collaboration entre les parents, les écoles, les conseils scolaires, le ministère de l’Éducation, les administrations locales, le service des loisirs de la municipalité, les services sociaux, les services de santé et les autres fournisseurs de services à la jeunesse.

L’école, la communauté et les gouvernements doivent faire une place aux jeunes dans les prises de décisions et leur donner l’occasion d’assumer des responsabilités et de développer leurs qualités de chef.

Ils doivent s’attaquer aux causes sous-jacentes de conflits, comme le racisme et le harcèlement sexuel, la brutalité et la violence verbale ou physique. Ils doivent accorder une attention égale aux garçons et aux filles et instaurer des politiques d’équité entre les sexes dans tous les aspects de leurs programmes.

Il peut être particulièrement important pour les enfants et adolescents autochtones, plus enclins que les autres à abandonner l’école, d’avoir accès à des programmes adaptés à leur culture, à l’école et dans la communauté.

Amener l’école à faire partie intégrante de la communauté.

  • Faire une place aux parents et aux autres membres de la communauté dans la vie de l’école.

  • Former des partenariats avec des organismes communautaires au service des jeunes. Dans la mesure du possible, coordonner les services. Le document Guidelines for Interagency Collaboration de la Sparrow Lake Alliance explique aux directeurs et directrices d’école ainsi qu’aux organismes communautaires en quoi ces partenariats sont importants et comment s’y prendre pour en créer.

  • Proposer des activités parascolaires qui sont intégrées au programme scolaire et fonctionnent selon des normes communes.

  • Utiliser l’école comme centre d’activités communautaires comme les Guides, les clubs de jeunes, etc.

  • Intégrer un volet de bénévolat et de participation à la vie communautaire dans les travaux et les projets scolaires pour donner aux jeunes le sentiment d’être utiles à autrui.

Favoriser une bonne santé mentale.

  • Créer un milieu scolaire qui encourage une croissance optimale, l’estime de soi et une bonne santé mentale.

  • En cinquième année, intégrer des cours sur l’importance de la prise des décisions sur des sujets comme le comportement sexuel, la consommation d’alcool, le tabagisme et la consommation d’autres drogues.

  • Inviter des professionnels de la santé mentale pour appuyer le travail des conseillers en orientation et du personnel enseignant.Offrir une aide en santé mentale aux élèves qui se sentent déprimés ou confus, qui vivent une situation de violence ou montrent des signes de troubles de l’alimentation ou d’autres problèmes d’identité.

  • Collaborer avec des partenaires du milieu pour veiller à ce que les élèves aient facilement accès à des services et du soutien en matière de santé mentale.

  • Insister sur les avantages que présente une société multiculturelle et dispenser une éducation adaptée à la culture. L’Institut international des enfants a produit des programmes d’études complets et des guides détaillés à l’intention des enseignants relativement au soutien à fournir aux enfants immigrants et réfugiés.

  • Créer un climat dans lequel le racisme, le sexisme, le harcèlement et la discrimination fondée sur la religion, l’orientation sexuelle et la capacité sont perçus comme odieux et inacceptables. Agir envers les élèves qui transgressent ces règles de manière à leur inculquer de nouvelles attitudes et de nouveaux comportements.

  • Adopter des politiques d’égalité des sexes et les appliquer dans toutes les activités scolaires et parascolaires.

Promouvoir une bonne estime de soi.

  • Enseigner aux enfants les transformations physiques et psychologiques associées à la puberté et les encourager à exprimer leurs sentiments face à ces changements.

  • Fournir aux jeunes des occasions de faire du sport ainsi que des activités physiques et éducatives, et les appuyer dans leurs efforts.

  • Veiller à ce que les enseignants et les instructeurs aient une bonne compréhension du développement de l’enfant et sachent comment encourager une bonne estime de soi chez les jeunes en leur fixant des limites claires, en appliquant une discipline appropriée et en ne ménageant pas les encouragements et les félicitations.

  • Offrir un milieu scolaire non violent où les élèves se sentent en sécurité et en confiance, et qui favorise leur bien-être en tout temps.

  • Donner aux élèves des occasions de s’impliquer et de développer leur sens du leadership.

  • Encourager le développement d’un sentiment d’appartenance.

  • Fournir aux jeunes des occasions de vivre des succès sur les plans scolaire et social.

  • Aider les élèves qui ont de la difficulté en lecture ou dans d’autres matières. Le fait d’intervenir rapidement auprès d’un enfant qui présente des difficultés d’apprentissage a une grande influence sur son adaptation scolaire et sa réussite à l’école. De bons résultats scolaires dans les premières années d’école augmentent les chances de réussite scolaire plus tard, favorisent l’adoption d’une attitude plus positive envers l’école ainsi qu’une meilleure image de soi et, chez les garçons, réduisent la délinquance juvénile. (87, 53)

  • Aider les enfants à se fixer des objectifs réalisables à court terme et les féliciter quand ils les atteignent.


Fournir aux jeunes des occasions de participer activement à la vie de la communauté, de développer leurs qualités de chef et d’assumer des rôles de leaders.

  • Faire une place aux jeunes dans le développement et le fonctionnement des services communautaires. À Vancouver, on a mis sur pied la « Civic Youth Strategy », qui fait appel à des jeunes pour participer activement au développement et à la prestation de services municipaux qui intéressent directement les ados.

  • Impliquer les jeunes dans le processus de planification communautaire et le fonctionnement des installations communautaires. À Surrey, en Colombie-Britannique, un groupe de jeunes a contribué à la conception du parc Bear Creek et sera responsable de son fonctionnement.

  • Offrir des activités de formation au leadership aux enfants et aux adolescents.

Collaborer avec les écoles afin de créer un environnement tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du milieu scolaire qui favorise une bonne estime de soi chez les jeunes.

  • Faire équipe avec les écoles pour offrir des programmes parascolaires et fournir des occasions aux élèves de prendre part à des activités communautaires valables.

  • Rendre les services de counseling en santé mentale et autres services faciles d’accès pour les élèves, les enfants et les parents, que ce soit à l’école ou dans la communauté.

Créer une communauté accueillante où les gens sont en sécurité.

  • Collaborer avec les enfants, les écoles, la police et d’autres intervenants pour assurer la sécurité des terrains de jeux, des écoles, des centres communautaires, des centres commerciaux et des autres endroits fréquentés par les enfants et adolescents.

  • Veiller à ce que les enfants puissent se déplacer en toute sécurité pour participer à des activités communautaires.

  • Minimiser ou éliminer les frais d’inscription aux programmes récréatifs pour permettre aux familles à faible revenu d’y envoyer leurs enfants.

  • Adopter des politiques qui soutiennent l’égalité des sexes et rendent toute pratique raciste ou discriminatoire odieuse et inacceptable dans tous les programmes communautaires. Agir envers les jeunes qui transgressent ces règles de manière à leur inculquer des attitudes nouvelles et des comportements nouveaux.

  • Offrir des activités culturelles qui permettent aux enfants de s’identifier à leurs origines culturelles.

Mettre en place des programmes de développement d’habiletés accessibles et amusants.

  • Offrir des programmes récréatifs accessibles et amusants (activités physiques et autres) qui permettent à tous les jeunes de développer leurs habiletés.

  • Veiller à ce que le personnel ait une bonne compréhension du développement de l’enfant et sache que le développement précoce ou tardif peut avoir une influence sur la performance athlétique et les relations avec les pairs.

  • Faire en sorte que les enfants et adolescents issus de familles défavorisées ne soient pas exclus des activités offertes à la population en général parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter l’équipement ou de payer les frais d’inscription requis. Le programme Ehrlo à Saskatoon, est un bon exemple d’initiative mise sur pied par un organisme communautaire pour encourager la participation des enfants autochtones aux ligues de hockey et autres activités.

  • Fille d’action est un exemple de camp destiné aux jeunes filles de 11 à 15 ans qui a pour objectif d’améliorer leur estime de soi et de les encourager à participer à des activités qu’elles ne feraient pas autrement.




  • Parrainer des expos-sciences et des activités communautaires stimulantes et gratifiantes pour les enfants.

  • Parrainer des équipes sportives et d’autres activités communautaires organisées pour les enfants et les adolescents (contribution en argent et en ressources humaines).

  • Adopter et appliquer des politiques d’égalité des sexes et des politiques interdisant la discrimination et le harcèlement sous toutes ses formes dans les services et les activités qui concernent les enfants et les adolescents.

  • Amener les jeunes à prendre une part active aux décisions, aux politiques et aux programmes qui les concernent. Leur donner des occasions de développer leurs qualités de chef et de jouer des rôles de leaders. Le « Child Friendly Calgary’s Youth Volunteer Corps and Youth Advisory Council » sont deux initiatives qui offrent aux jeunes la possibilité de donner leurs points de vue sur les affaires municipales.

  • Offrir des incitatifs financiers pour la création de programmes parascolaires qui vont aider les enfants à réussir leur transition à l’adolescence.

  • Soutenir et financer les projets de collaboration réunissant des organismes de services à la jeunesse, des écoles et des groupes de parents. Consulter le document de la Sparrow Lake Alliance intitulé Guidelines for Interagency Collaboration pour obtenir plus d’information sur ce sujet.

  • Établir un filet de sécurité sociale garantissant la satisfaction des conditions de base qui permettent aux jeunes et à leurs familles de construire leur estime de soi.

Médias

À l’approche de l’adolescence, la télévision, le cinéma, la musique, les médias et les jeux informatiques envahissent de plus en plus la vie des jeunes. Au milieu de l’adolescence, lorsque l’attrait pour la télévision atteint son comble, l’adolescent aura passé plus de temps devant le petit écran qu’à l’école. À cause de l’influence qu’ils peuvent exercer sur les attentes et les valeurs des enfants, les médias peuvent avoir d’énormes répercussions sur le développement de leur identité. Le traitement sexiste des rôles attribués aux hommes et aux femmes et l’idéalisation de la violence sont deux aspects particulièrement inquiétants.

 

  • Contrôler et restreindre l’accès aux images et messages sexistes présentés à la télévision, dans les clips vidéo, les jeux électroniques et les films.

  • Discuter avec les enfants de la façon dont les médias véhiculent des idéaux irréalistes de beauté, de féminité et de masculinité. Moins de un pour cent des gens ont l’apparence physique des mannequins et des stars de la musique rock.

  • Manifester sa désapprobation lorsque les médias véhiculent des stéréotypes et des images irréalistes ayant une influence sur les jeunes. Appuyer les médias qui montrent les adolescents sous un jour positif et illustrent la place importante qu’occupent les jeunes dans la communauté.

  • Offrir des programmes de sensibilisation aux médias qui enseignent aux enfants à faire une analyse critique des messages véhiculés par les médias et à rejeter les idées irréalistes qu’on y présente au sujet du « corps parfait » ainsi que les stéréotypes sur la différenciation des rôles selon le sexe, les gais, les lesbiennes, les minorités ethniques, les personnes âgées et les personnes handicapées.

  • Préconiser une couverture médiatique qui présente des ados en santé, dont la taille, l’apparence et les capacités varient, et qui ne renforcent pas les images irréalistes de la masculinité ou de la féminité.

  • Protester contre toute couverture médiatique qui fait preuve de sexisme ou qui a recours à des stéréotypes pour représenter les groupes minoritaires.

  • Encourager et soutenir les médias qui montrent les adolescents sous un jour positif et illustrent la place importante qu’occupent les jeunes dans la communauté.

  • Encourager les personnalités du monde médiatique à devenir des modèles de comportement positifs pour les jeunes.

  • Établir des lignes directrices relativement aux émissions destinées aux enfants et aux jeunes et encourager les médias à élaborer des lignes directrices sur l’emploi de stéréotypes sexuels et la représentation de la violence.
  • Parrainer des campagnes et des programmes dans les médias qui présentent les jeunes sous un jour positif et qui encouragent le développement d’un sentiment d’identité positif et réaliste.

  • Diffuser à l’intention des jeunes des messages positifs en guise de modèles dans les émissions et les publicités produites par le gouvernement. Employer un langage non sexiste et une grande variété d’images représentant les jeunes dans toutes les communications du gouvernement.


Connaissez-vous des mesures législatives, des initiatives ou des programmes novateurs qui contribuent au bon développement des enfants et des jeunes? Voici ce qu'il faut faire:

1. Passez en revue les stratégies énumèrées dans la présente section du site.

2. Si la mesure législative, l'initiative ou le programme auquel vous pensez ne s'y trouve pos, cliquez sur l'icône ci-dessous et faits-nous part de vos commentaires diréctement en utilisant la formule en ligne.

Il est aussi possible d'utiliser la formule pour nous enroger de la rétroaction sur les stratégies énumérées. Vous pourres ainsi nous aider à maintenir les renseignements à jour, et nous vous en serons très reconnaissants.



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