Le niveau de scolarité est le facteur qui a la plus grande influence sur la situation professionnelle. Les autres facteurs qui ont des incidences sur les aspirations scolaires et le niveau de scolarisation des jeunes (et, par conséquent, sur les possibilités de travail qui s’offrent à eux) comprennent la culture, le sexe, les conditions socio-économiques, la région du pays où ils vivent et leur lieu de résidence (ville ou campagne).Test

Le milieu socio-économique (qui est souvent lié au lieu de résidence des jeunes) semble avoir les incidences les plus positives ou les plus négatives. Par exemple, de nombreux jeunes hommes et jeunes femmes de familles à revenu élevé profitent des possibilités d’éducation postsecondaire menant à des carrières professionnelles, (294) tandis que ceux de familles à revenu faible ou moyen abandonnent leurs études à la fin de la 12e année, ou avant. D’autres ne bénéficient pas de l’appui dont ils ont besoin de leur famille pour poursuivre des études postsecondaire. (299) Ce sont souvent les mêmes jeunes qui vivront, dans quelques années, dans la pauvreté avec leurs enfants. (295)

Les jeunes autochtones, les élèves qui appartiennent à des minorités visibles ou qui ont des déficiences ou ceux qui vivent dans des régions rurales éloignées ont eux aussi des possibilités restreintes d’éducation et de travail.

Les jeunes qui ont de la difficulté à lire, à écrire et à compter sont de plus en plus marginalisés et isolés lorsqu’ils arrivent à l’âge adulte. Des études ont révélé qu’en 1990, entre 6 et 9 pour 100 des jeunes qui avaient moins de 25 ans éprouvaient soit beaucoup de difficulté à lire, soit une certaine difficulté à lire des textes courants. (312)

Le monde du travail a considérablement évolué au fil des années. De nos jours, 98 pour 100 des postes exigent de bonnes aptitudes à la lecture (313) et Emploi et Immigration Canada prévoit que les deux tiers des nouveaux emplois qui seront créés en l’an 2000 nécessiteront plus de 17 années de scolarité. (314)

Un faible niveau de scolarité est synonyme de chômage élevé. En 1994, le taux de chômage parmi les jeunes de 25 à 29 ans qui n’avaient que l’éducation de niveau primaire était près de quatre fois celui des jeunes titulaires d’un diplôme universitaire (27 pour 100 contre 7 pour 100) et plus de deux fois celui de l’ensemble des jeunes de 25 à 29 ans. (316)

Le passage de l’école au travail peut être difficile même pour les jeunes très scolarisés. La prépondérance du sous-emploi et l’augmentation du nombre d’emplois temporaires et à temps partiel au Canada accentuent le fossé qui sépare le niveau de compétences du degré de satisfaction au travail. Les jeunes Canadiens fortement scolarisés peuvent ne pas pouvoir subvenir à leurs besoins en raison du nombre restreint de possibilités d’emploi et d’une pénurie de mécanismes de passage efficaces entre l’école et le milieu du travail. (296)

De nombreuses études révèlent que les objectifs éducatifs et professionnels de nombreux jeunes et de leurs parents ne concordent pas très bien avec, d’une part, leurs compétences et, d’autre part, les débouchés qui existent à l’heure actuelle. La plupart des parents et des écoles misent sur la poursuite d’études universitaires, une voie que suivra seulement un faible nombre d’élèves du niveau secondaire. Il arrive parfois que des expériences négatives à l’école secondaire ou à l’université rebutent les jeunes et les amènent à interrompre leurs études. Par exemple, les jeunes qui ont des déficiences font face à de nombreux obstacles psychologiques et institutionnels qui poussent beaucoup d’entre eux à abandonner leurs études, même s’ils ont ce qu’il faut pour réussir.

La conjoncture économique et les conditions actuelles du marché du travail soulignent la complexité de la transition de l’école au milieu de travail pour tous les jeunes. La transformation économique générale du milieu de travail et les récessions du début des années 1980 et au début des années 1990 ont redéfini le milieu du travail au Canada. Les cheminements de carrière linéaires et l’augmentation du niveau de vie par suite de l’accroissement du salaire réel ne font plus partie de la réalité actuelle du monde du travail.

La récession qui a marqué le début des années 1990 a eu des conséquences particulièrement graves sur l’emploi des jeunes. Ces derniers ont perdu plus de 500 000 emplois du début à la fin de cette récession, soit deux fois plus que pendant la récession des années 1980. Par contre, le nombre de perte d’emplois chez les adultes a été moins élevé. (316)

À l’heure actuelle, les jeunes qui réussissent à se trouver du travail sont de plus en plus forcés d’accepter des emplois à temps partiel. Entre 1980 et 1995, le pourcentage d’emplois à temps partiel par rapport à tous les emplois destinés aux jeunes hommes a doublé pour passer de 20 à 40 pour 100. Chez les jeunes femmes, il s’est accru de 81 pour 100, soit de 28 à 51 pour 100. (316)

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La transition de l’école au milieu de travail est devenue pour les jeunes Canadiens un processus compliqué, incertain et non linéaire. Il faut tenir compte de la complexité de ce phénomène, si on veut maintenir et renouveler le Canada en tant que société vivante et productive. La facilitation du passage de l’école au milieu de travail doit être au coeur même des stratégies de développement des ressources humaines des gouvernements central, provinciaux et territoriaux. (296)

Les initiatives en matière de politiques et de programmes doivent :

  • être axées sur les stratégies de création d’emplois, de même que sur l’éducation et la formation des jeunes;
  • reconnaître les liens intégraux qui existent entre la transition de l’école au milieu de travail et la transition du foyer parental à l’établissement de relations amoureuses et à l’exercice du rôle de parents;
  • favoriser la création de partenariats plus solides entre l’école, le monde des affaires et la communauté;
  • assurer à tous les jeunes un accès égal aux possibilités d’éducation et d’emploi;
  • encourager les stages et la mise en oeuvre de programmes d’alternance travail-études de qualité à l’intention des jeunes;
  • assurer l’équité salariale et l’équité en matière d’emploi;
  • encourager l’adoption de politiques de travail et fiscales favorables à la famille pour aider les jeunes travailleurs à combiner leurs obligations professionnelles et leurs responsabilités familiales.

La plupart des Canadiens croient qu’il appartient surtout à l’école d’aider les jeunes à passer de l’école au milieu de travail. Les appels à la réforme du système d’enseignement s’accompagnent d’une meilleure compréhension, d’une part, de la gamme des compétences de base nécessaires en milieu de travail et, d’autre part, du besoin d’instaurer un système qui continue de favoriser l’éducation permanente.

La famille, les pairs et les autres adultes significatifs jouent tous un rôle important dans la transition de l’école au milieu de travail. En effet, ils ont une influence sur les choix scolaires et professionnels des jeunes et leur fournissent l’appui dont ils ont besoin pour poursuivre leurs études. La contribution des employeurs, des syndicats et des associations professionnelles peut elle aussi être importante. Finalement, les gouvernements doivent faire une plus grande place à l’acquisition continue du savoir, à la création d’emplois et aux mesures incitatives dans le domaine de la formation des jeunes.

Facteurs déterminants pour l’obtention de résultats positifs : préparation à la vie professionnelle

 
Niveau de scolarité
 

Possibilités de travailler et d’acquérir des aptitudes liées au travail

 

Possibilités d’emploi accessibles

  Possibilités de surmonter les désavantages menant à l’abandon précoce des études

Nota : Ces facteurs déterminants sont également indiqués dans le menu déroulant présenté ci-dessus. Utilisez ce menu pour naviguer sur cette page.


Niveau de scolarité

L’accès à l’éducation dépend de nombreux facteurs, dont le coût, l’emplacement, les types de cours dispensés et les mesures de soutien offertes, notamment aux jeunes ayant des besoins spéciaux. Les tendances récentes donnent à penser que l’ensemble des jeunes ont de plus en plus de difficulté à accéder aux établissements d’enseignement. En effet, les réductions qu’ont opérées de nombreux gouvernements provinciaux dans le domaine de l’éducation ont eu de nombreuses conséquences, dont la diminution du nombre de cours disponibles et la réduction des services spécialisés offerts aux jeunes qui ont des difficultés d’apprentissage ou qui reprennent leurs études en tant que jeunes adultes.

Depuis 1983, l’augmentation des frais de scolarité au niveau postsecondaire a plus que dépassé, chaque année, le taux d’inflation. Cette hausse des frais de scolarité, conjuguée à la diminution du revenu des familles à revenu moyen ou faible, a eu la conséquence suivante : environ la moitié des étudiants au niveau postsecondaire financent maintenant leurs études grâce aux programmes de prêts du gouvernement. (184) Le niveau d’endettement moyen d’un étudiant qui a fait des études postsecondaires pendant quatre ans est passé de 8 700 $ en 1990 à 22 000 $ en 1997 et devrait atteindre 25 000 $ en 1998. (184) Comme le marché de l’emploi pour les jeunes s’est rétréci, beaucoup d’entre eux hésitent à s’endetter à l’extrême, sachant qu’ils auront de la difficulté à rembourser leurs prêts étudiants.

Les stéréotypes sexuels ont une influence considérable, eux aussi, sur les aspirations et les réalisations des jeunes. Même si le nombre de femmes inscrites aux établissements d’enseignement postsecondaire est supérieur au nombre d’hommes, les différences historiques entre les sexes en matière de choix de programmes existent toujours. Par exemple, les jeunes hommes sont plus nombreux à s’inscrire aux programmes d’ingénierie et de sciences appliquées, alors que les femmes sont surreprésentées dans les programmes de santé et de sciences sociales. Ces choix en matière d’études, que sanctionnent les parents, les enseignants et la société, donnent lieu à des résultats professionnels différents selon les sexes. (298) De plus, les jeunes hommes continuent de croire que la condition parentale les propulsera sur le marché du travail, alors que les jeunes femmes, quant à elles, estiment que la maternité les forcera, au contraire, à quitter la vie active. (291)

L’évolution des aspirations professionnelles est aussi fonction de la classe sociale. Par exemple, la plupart des jeunes femmes de la classe ouvrière continuent de travailler dans le secteur tertiaire et d’occuper des emplois de bureau au lieu de poursuivre des carrières non traditionnelles et mieux rémunérées.

L’incapacité du système d’enseignement et du marché du travail de répondre aux besoins de certains groupes raciaux est également liée aux aspirations et au niveau de scolarité. Au Canada, les jeunes autochtones et les jeunes Noirs sont plus susceptibles que les autres d’abandonner leurs études. Le « Black Learners Advisory Committee » de la Nouvelle-Écosse propose que le milieu scolaire soit davantage sensibilisé aux besoins spéciaux des jeunes Noirs. Quant à eux, les jeunes autochtones ont besoin d’un environnement scolaire et d’un programme d’études adapté à leur culture et ayant un sens à leurs yeux.

Les jeunes hommes sont plus enclins à abandonner leurs études que les jeunes femmes. Diverses études révèlent que les hommes sont plus susceptibles d’interrompre leurs études en raison de problèmes de comportement (suspension ou expulsion de l’école pour refus de collaborer avec le personnel enseignant, etc.) et économiques (offre d’un travail, nécessité de participer au soutien de la famille, etc.). Les jeunes femmes courent plus de risques de quitter l’école en raison de la maternité. Des études indiquent que la grossesse est souvent liée à d’autres problèmes, dont une estime de soi faible, des résultats scolaires médiocres et un manque de possibilités. (291)

La famille, l’école, la communauté, le milieu de travail et le gouvernement doivent tous intervenir pour aider les jeunes à atteindre des objectifs scolaires appropriés et à participer à des activités d’apprentissage à l’extérieur de l’école.

Les jeunes qui ont des problèmes d’apprentissage ou qui proviennent de familles qui ne valorisent pas les études peuvent bénéficier de l’aide d’un mentor, c’est-à-dire un adulte ou un camarade plus âgé qui agit à titre de modèle de comportement et d’ami sincère. Le mentor peut être un membre de la famille, un ami, un enseignant, un entraîneur, un guide spirituel ou un membre de la communauté. Les directeurs d’activités qui intéressent les jeunes (musique, art, sport) peuvent jouer un rôle particulièrement utile en aidant les jeunes à se motiver hors d’un contexte scolaire. Quant à lui, le mentor qui provient d’un syndicat ou d’un milieu de travail peut être un excellent tuteur dans des domaines bien précis.

Il existe de nombreux exemples de programmes de mentorat, de durée moyenne ou de longue durée (un an ou plus), axés sur l’école, l’apprentissage et la vie professionnelle. Pour plus d’information sur les programmes de mentorat, consulter la section « Understanding Mentoring Relationships ».



  • Les parents et les personnes qui s’occupent des jeunes peuvent stimuler les aspirations de ceux-ci et leur besoin de réussir. Fixer aux garçons et aux filles des objectifs réalistes et égaux (non sexistes) sur les plans scolaire et professionnel.

  • Dans la mesure du possible, accorder un soutien financier aux jeunes pour qu’ils atteignent leurs objectifs scolaires.

  • Valoriser les études et l’obtention d’un diplôme. Insister sur l’importance de faire des études.

  • Donner l’exemple. Continuer d’apprendre en lisant, en étudiant ou en suivant des cours.

  • Veiller à ce que les adolescents fréquentent l’école assidûment. Rechercher les causes de tout problème d’absentéisme.

  • Participer à la vie de l’adolescent à l’école. Même si vous êtes très occupé, essayez de rester en contact avec le personnel enseignant et les conseillers en orientation, assistez aux manifestations scolaires et participez aux activités à l’école et à la maison.

  • Encourager l’adolescent qui abandonne ses études à les reprendre à temps partiel ou à temps plein.

Les décrocheurs mentionnent très souvent qu’ils ont abandonné leurs études pour des raisons liées à l’école (difficultés scolaires, problèmes avec un ou des enseignants, ennui, sentiment d’aliénation par rapport à la culture de l’école, etc.).

La recherche indique que les élèves réussissent mieux dans les écoles qui se caractérisent par une bonne discipline, la forte participation des parents et l’établissement d’attentes élevées en matière de progrès scolaires. (220) En plus de prévoir un milieu accueillant, les écoles doivent offrir davantage de possibilités liées au travail qui motiveront les jeunes à poursuivre leurs études et à se préparer à la vie professionnelle.

Encourager les parents à participer à l’école. Il faudra peut-être aller au-devant des parents isolés.

  • Encourager et renseigner les élèves de famille à revenu faible et moyen et leurs parents sur l’importance de l’éducation.

  • Accorder des bourses et des bourses d’études pour encourager les élèves de familles à revenu faible et moyen à poursuivre leurs études et à entreprendre des études postsecondaires.

  • Favoriser la réussite scolaire en misant sur le milieu social. Les jeunes obtiennent de meilleurs succès dans les écoles et les classes qui favorisent la confiance, la communication ouverte, le respect et le sentiment d’appartenance. (87)

  • Offrir, en collaboration avec les organismes communautaires et les employeurs, des programmes de mentorat.

  • Définir, à l’échelle de l’école, des attentes claires en matière de résultats scolaires, de comportements appropriés, de pratiques d’enseignement et de responsabilités des élèves.

  • Surveiller fréquemment les progrès des élèves.

  • Prévoir chaque jour des périodes d’éducation physique de qualité. Des études révèlent que l’activité physique quotidienne à l’école peut augmenter les taux de réussite scolaire, même si elle s’accompagne d’une baisse concomitante de 13 pour 100 du temps consacré à l’enseignement proprement dit. (269)

  • Fournir une aide supplémentaire aux élèves qui éprouvent des difficultés scolaires. Créer des partenariats avec des organismes communautaires pour aider les jeunes qui ont de graves problèmes scolaires et sociaux.

  • Offrir des programmes d’alternance travail-études, de même que des programmes scolaires restructurés qui intègrent l’apprentissage d’une profession ou d’une carrière appropriée au programme d’études.


  • Reconnaître les personnes qui atteignent leurs objectifs scolaires et qui peuvent ainsi servir de modèles, notamment les membres de groupes minoritaires.

  • Accorder des bourses et des bourses d’études pour encourager les jeunes de la classe ouvrière à rester à l’école et à poursuivre des études postsecondaires. Offrir des mesures semblables pour inciter les jeunes femmes à exercer des professions et des métiers non traditionnels.

  • Offrir, en collaboration avec les écoles et le milieu de travail, des programmes auxiliaires de mentorat et des programmes spéciaux à l’intention des jeunes qui éprouvent d’importants problèmes scolaires et sociaux.

  • Offrir, en collaboration avec les écoles et la communauté, des programmes de mentorat et des programmes scolaires restructurés qui intègrent l’apprentissage approprié d’une profession ou d’une carrière au programme d’études.

  • Reconnaître les élèves qui atteignent des objectifs scolaires liés au domaine d’activités professionnelles, notamment les élèves appartenant à des groupes minoritaires et les femmes occupant des emplois non traditionnels.

  • Parrainer des foires et des concours scientifiques et technologiques qui encouragent les jeunes à prendre plaisir aux études.

  • Accorder des bourses et des bourses d’études pour encourager les jeunes de familles à faible revenu à rester à l’école et à poursuivre des études postsecondaires. Offrir des mesures semblables pour inciter les jeunes femmes à exercer des professions et des métiers non traditionnels.

  • Parrainer des cours d’alphabétisation et de français ou d’anglais langue seconde à l’intention des parents et des jeunes.

  • Réduire les obstacles financiers pour favoriser la poursuite des études et la formation professionnelle. Offrir une aide financière supplémentaire, des subventions partielles et des prêts sans intérêt aux jeunes de familles à faible revenu.

  • Réduire les obstacles à l’éducation des jeunes autochtones, des jeunes ayant une déficience et des jeunes appartenant à des minorités visibles grâce à des politiques et des mesures de financement.

  • Reconnaître les jeunes qui atteignent des objectifs scolaires et remportent des succès professionnels, notamment les jeunes appartenant à des groupes minoritaires et les jeunes femmes qui réussissent dans des domaines non traditionnels.

  • Parrainer des foires et des concours scientifiques et technologiques qui encouragent les jeunes à prendre plaisir à étudier.

  • Appuyer les cours d’alphabétisation et de français ou d’anglais langue seconde à l’intention des parents et des jeunes.

  • Accorder des bourses et des bourses d’études pour encourager les élèves de familles à revenu faible et moyen à rester à l’école et à poursuivre des études postsecondaires. Offrir des mesures semblables pour inciter les jeunes femmes à exercer des professions et des métiers non traditionnels.

Possibilités de travailler et d’acquérir des aptitudes liées au travail

De nombreux Canadiens estiment qu’il doit y avoir une plus grande concordance entre les objectifs du système d’enseignement et les besoins des travailleurs. Ils soutiennent qu’un programme d’enseignement essentiellement axé sur les matières scolaires et les élèves qui vont entreprendre des études universitaires ne permet pas à ceux qui n’iront pas à l’université, soit la majorité des jeunes, d’acquérir les aptitudes dont ils ont besoin pour entrer sur le marché du travail.

Même s’il faut prendre au sérieux ces appels à la réforme, il est évident que le problème des échecs scolaires n’est pas aussi clair que certains critiques veulent bien nous le faire croire. (298) L’un des avantages du système nord-américain est sa transparence et sa flexibilité. Si l’on se fonde sur les résultats de nos jeunes aux tests de mathématiques et de sciences, on peut dire que le système canadien fonctionne bien. (315)

Avant d’entreprendre une réforme en profondeur du système scolaire, nous devons répertorier les compétences en matière d’employabilité qui sont véritablement nécessaires et déterminer les meilleures méthodes d’acquisition de ces connaissances. Le Conference Board du Canada a entrepris de relever certaines de ces compétences.

De plus en plus, on admet qu’un certain apprentissage en milieu de travail (programme d’alternance travail-études ou de stages) aurait une certaine utilité dans tous les programmes offerts au palier secondaire. Les programmes d’alternance travail-études offerts dans les collèges et les universités aident aussi les élèves à trouver une carrière qui leur plaît, à acquérir des compétences professionnelles et à nouer des relations avec d’éventuels employeurs. Les concepteurs de programmes d’insertion professionnelle devraient mettre l’accent sur les compétences professionnelles transférables, et non sur les compétences propres à un emploi particulier qui deviennent désuètes avec le temps. Les élèves qui acquièrent des habiletés génériques, comme la résolution de problèmes et le travail en équipe, et qui bénéficient de stages de travail pourront faire des choix professionnels et se trouver des emplois plus facilement.

Les chercheurs n’arrivent pas à déterminer si le travail à temps partiel chez les jeunes comporte ou non des avantages. Certaines études soulignent les conséquences positives de ces expériences de travail (acquisition de nouvelles compétences, diversité des expériences de travail, etc.). D’autres précisent que trop d’heures de travail rémunéré peuvent avoir un effet négatif sur les études et remettent en question la valeur à long terme des emplois peu spécialisés (298). Comme la plupart des adolescents souhaitent travailler à temps partiel, il importe avant tout de veiller à ce qu’ils réussissent à équilibrer travail, études et vie sociale.


  • Fournir l’occasion d’acquérir des habiletés génériques liées au travail comme la résolution de problèmes et le travail en équipe.

  • Inviter l’adolescent à participer à un projet lié au travail.

  • Encourager l’adolescent à faire du travail bénévole qui l’enrichit et qui lui permet d’acquérir des aptitudes liées au travail. Si l’adolescent décide d’exercer un travail rémunéré à temps partiel, insister sur le besoin d’équilibrer travail, études et vie sociale.


  • Prévoir des programmes d’alternance travail-études qui permettent aux élèves d’accumuler des crédits scolaires tout en acquérant une expérience de travail.

  • Rendre les horaires d’enseignement plus souples de sorte que les jeunes qui doivent travailler pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille puissent suivre des cours le soir.

  • Offrir, en collaboration avec les employeurs, des programmes de stages qui permettent aux jeunes de devenir apprentis tout en finissant leurs études secondaires. L' « Alberta Registered Apprenticeship Program » et le Programme d’apprentissage pour les jeunes de l’Ontario sont deux exemples de programmes de cette sorte.

  • Encourager les entreprises gérées par des jeunes.

  • Créer des partenariats avec la communauté et le milieu de travail qui offrent tout un éventail de programmes de transition de l’école au milieu de travail. Un exemple d’un tel partenariat : le Projet lien études-travail.

  • Appuyer les programmes qui permettent aux jeunes d’acquérir de façon intéressante des aptitudes liées au travail, comme le programme Jeunes entreprises.

  • Créer des partenariats avec l’école et le milieu de travail qui offrent tout un éventail de programmes de transition de l’école au milieu de travail. Un exemple d’un tel partenariat : le Projet lien études-travail.

  • Encourager les entreprises gérées par des jeunes.

  • Prévoir des programmes récréatifs qui permettent aux jeunes d’acquérir des habiletés professionnelles génériques (résolution de problèmes, leadership, travail en équipe, etc.).

  • Appuyer les programmes qui permettent aux jeunes d’acquérir de façon intéressante des aptitudes liées au travail, comme le programme Jeunes entreprises.

  • Prévoir des expériences de travail rémunéré ou non rémunéré (dotés d’une composante intéressante d’acquisition d’aptitudes), de même que des programmes d’alternance travail-études grâce à la création d’emplois à temps partiel. Il importe, cependant, d’aider les jeunes à équilibrer les divers aspects de leur vie — de trop nombreuses heures de travail peuvent nuire à leurs résultats scolaires.

  • Créer des partenariats avec les écoles et la communauté qui offrent tout un éventail de programmes de transition de l’école au milieu de travail. Un exemple d’un tel partenariat : le Projet lien études-travail.

  • Offrir, en collaboration avec les écoles, des programmes de stages qui permettent aux jeunes de devenir apprentis tout en finissant leurs études secondaires. L' « Alberta Registered Apprenticeship Program » et le Programme d’apprentissage pour les jeunes de l’Ontario sont deux exemples de programmes de cette sorte.

  • Appuyer les programmes qui permettent aux jeunes d’acquérir de façon intéressante des aptitudes liées au travail, comme le programme Jeunes entreprises.

  • Appuyer les partenariats entre les écoles, la communauté et le milieu de travail qui offrent tout un éventail de programmes de transition de l’école au milieu de travail. Un exemple d’un tel partenariat : le Projet lien études-travail.

  • Appuyer les projets de recherche visant à répertorier les types d’aptitudes liées au travail qui facilitent la transition de l’école au milieu de travail et à déterminer les meilleures méthodes d’acquisition de ces aptitudes.

  • Appuyer les programmes qui permettent aux jeunes d’acquérir de façon intéressante des aptitudes liées au travail, comme le programme Jeunes entreprises.

Possibilités d’emploi accessibles

Environ 16 pour 100 des jeunes Canadiens ne peuvent pas trouver un emploi et ceux qui y parviennent occupent longtemps un poste de premier échelon en raison de la concurrence acharnée que leur livrent les travailleurs plus âgés pour de meilleurs emplois. Même si les jeunes qui détiennent un diplôme d’études collégiales ou universitaires ont plus de chances d’entreprendre une carrière que ceux qui n’ont qu’un diplôme d’études secondaires, ou aucun diplôme, de nombreux diplômés d’établissements d’enseignement postsecondaire sont sous-employés dans le secteur tertiaire ou cumulent plusieurs emplois à temps partiel ou contractuels pour joindre les deux bouts. En 1995, les revenus des jeunes étaient toujours inférieurs à ceux de 1984. (184)


  • Encourager les employeurs à engager des jeunes.

  • Créer des partenariats avec le milieu de travail pour prévoir des programmes de placement.

  • Encourager les entreprises gérées par les jeunes et enseigner à ceux-ci les aptitudes nécessaires dans les domaines de l’entrepreneuriat et du travail indépendant.

  • Fournir des conseils d’orientation professionnelle de qualité.

  • Inviter les employeurs de la localité à des journées et d’activités d’orientation professionnelle.


  • Promouvoir l’emploi des jeunes et offrir à ces derniers des emplois dans la communauté.




  • S’engager à assumer ses responsabilités sociales en recrutant des jeunes et en leur offrant du travail.

  • Participer aux programmes d’alternance travail-études et de stages.

  • Créer des partenariats avec les écoles pour prévoir des programmes de placement.

  • Organiser des journées portes ouvertes pour que les jeunes se familiarisent avec le fonctionnement des entreprises, les compétences nécessaires pour y travailler et les possibilités d’emploi existantes.

  • Mettre en oeuvre des politiques favorables à la famille (horaires souples, congé parental, partage de postes, etc.) pour aider les jeunes parents à conjuguer leurs obligations professionnelles et leurs responsabilités familiales.

  • Accroître la mobilité des employés de la classe ouvrière au moyen de programmes favorisant la mobilité ascendante.

  • Prévoir des mesures incitatives pour encourager les entreprises et les industries à accorder la priorité à la création d’emplois pour les jeunes.

  • Fixer, au moyen d’une loi, un salaire minimum approprié.

Possibilités de surmonter les désavantages menant à l’abandon précoce des études

Selon les estimations actuelles, quelque 18 pour 100 des jeunes du pays ne terminent pas leurs études secondaires. Pour plus d’information, voir l’Enquête auprès des sortants.

Les différences qui existent entre les décrocheurs et les diplômés ont d’importantes incidences pour les familles, l’école et la communauté. Par exemple, les décrocheurs sont plus susceptibles :

  • de provenir de familles qui n’accordent aucune importance au diplôme d’études secondaires;
  • de provenir de familles qui ont des problèmes et qui ont besoin d’aide;
  • d’avoir essuyé des échecs à l’école primaire;
  • d’avoir moins de loisirs;
  • de déclarer qu’ils n’ont pas aimé l’école;
  • de participer moins en classe;
  • d’avoir des camarades qui ne fréquentent pas l’école ou qui n’attachent aucune importance à l’école;
  • de sécher des cours.

  • Valoriser les études et l’obtention d’un diplôme. Insister sur l’importance de faire des études.

  • Donner l’exemple. Continuer d’apprendre en lisant, en étudiant ou en suivant des cours.

  • Veiller à ce que les adolescents fréquentent l’école assidûment. Rechercher les causes de tout problème d’absentéisme.

  • Participer à la vie de l’adolescent à l’école. Même si vous êtes très occupé, essayez de rester en contact avec le personnel enseignant et les conseillers en orientation, assistez aux manifestations scolaires et participez aux activités à l’école et à la maison.

  • Encourager l’adolescent qui abandonne ses études à les reprendre à temps partiel ou à temps plein.

Les jeunes qui ont des problèmes d’apprentissage ou des problèmes scolaires réagissent généralement mal aux structures rigides et à l’autorité. L’adoption de méthodes d’enseignement différentes peut les inciter à poursuivre leurs études. Mentionnons les horaires à temps partiel conjugués à un travail rémunéré, le tutorat, le mentorat par des camarades, l’emploi des arts médiatiques pour favoriser l’apprentissage, etc.

  • Prévoir, avec la collaboration de la communauté et du milieu de travail, des programmes de mentorat destinés aux élèves qui ont des problèmes. Dans le cadre du projet « Transition to Working Life », le milieu de travail a chargé des employés d’encadrer des jeunes qui avaient déjà abandonné leurs études ou qui étaient sur le point de les abandonner.

  • Offrir des programmes adaptés sur le plan culturel pour permettre aux jeunes autochtones de poursuivre leurs études. Dans le cadre du programme culturel qu’a mis en place l’école secondaire Joe Duquette à Saskatoon, des pairs et des mentors plus âgés enseignent les us et coutumes des Anciens aux élèves autochtones.

  • Prévoir, avec la collaboration de la communauté et du milieu de travail, des programmes de mentorat destinés aux jeunes appartenant à des minorités visibles (voir le programme Pour un meilleur avenir).

  • Collaborer avec les entreprises et les organismes communautaires pour offrir aux jeunes qui ont interrompu leurs études la possibilité de s’instruire dans un cadre non scolaire. Le programme mis sur pied au centre commercial Dufferin est un exemple d’un projet novateur de collaboration qui a eu des incidences positives sur les jeunes.

  • Aider les adolescentes enceintes et les jeunes parents à poursuivre leurs études en aménageant notamment des garderies en milieu scolaire. Le « Fredericton High School Parent Program » est un exemple d’un tel programme.

  • Prévoir, avec la collaboration des écoles et du milieu de travail, des programmes de mentorat destinés aux jeunes qui risquent d’abandonner de façon précoce leurs études. Pour plus d’information, consulter la section « Understanding Mentoring Relationships ».

  • Prévoir, avec la collaboration du milieu de travail, des programmes de mentorat destinés aux jeunes appartenant à des minorités visibles (voir le programme Pour un meilleur avenir).

  • Prévoir, avec la collaboration des écoles, d’autres régimes d’études à l’intention des jeunes qui ont abandonné leurs études ou qui ont été expulsés de l’école pour une certaine période.

  • Collaborer avec les entreprises et les écoles pour offrir aux jeunes qui ont interrompu leurs études la possibilité de s’instruire dans un cadre non scolaire. Le programme mis sur pied au le centre commercial Dufferin est un exemple d’un projet novateur de collaboration qui a eu des incidences positives sur les jeunes.

  • Concevoir, avec la collaboration des écoles et des employeurs, des programmes pour aider les jeunes de la rue à acquérir les aptitudes dont ils ont besoin pour quitter le milieu de la rue et retourner à l’école ou suivre des cours de formation professionnelle. Le programme « TERF », par exemple, aide les jeunes femmes à acquérir les aptitudes nécessaires pour ne plus vivre dans la rue.

  • Prévoir des programmes de préparation à l’emploi destinés aux jeunes. Les jeunes femmes qui ont été victimes d’abus peuvent avoir besoin d’une aide supplémentaire pour réintégrer la vie active. Pour plus d’information, consulter la section « Bridges Employability Program ».

    Prévoir, avec la collaboration des écoles et de la communauté, des programmes de mentorat destinés aux élèves qui éprouvent des problèmes. Dans le cadre du programme « Transition to Working Life », le milieu de travail a chargé des employés d’encadrer des jeunes qui avaient déjà abandonné leurs études ou qui étaient sur le point de les abandonner. Quant à lui, le programme Pour un meilleur avenir permet de jumeler des travailleurs avec des jeunes appartenant à des minorités visibles.

  • Collaborer avec les organismes communautaires et les écoles pour offrir aux jeunes qui ont interrompu leurs études la possibilité de s’instruire dans un cadre non scolaire. Le programme mis sur pied au centre commercial Dufferin est un exemple d’un projet novateur de collaboration qui a eu des incidences positives sur les jeunes.

  • Appuyer les cours d’alphabétisation et de français et d’anglais langue seconde à l’intention des parents et des jeunes.

  • Accorder des bourses et des bourses d’études pour encourager les élèves ayant une déficience et les jeunes de familles à faible revenu et de divers milieux culturels à poursuivre leurs études et à entreprendre des études postsecondaires.

  • Appuyer les cours d’alphabétisation et de français et d’anglais langue seconde à l’intention des parents et des jeunes.

  • Accorder des bourses et des bourses d’études pour encourager les élèves ayant une déficience et les jeunes de familles à faible revenu et de divers milieux culturels à poursuivre leurs études et à entreprendre des études postsecondaires.

  • Appuyer les programmes de préparation à l’emploi destinés aux jeunes. Les jeunes femmes qui ont été victimes d’abus peuvent avoir besoin d’une aide supplémentaire pour réintégrer la vie active. Pour plus d’information, consulter la section « Bridges Employability Program ».

Connaissez-vous des mesures législatives, des initiatives ou des programmes novateurs qui contribuent au bon développement des enfants et des jeunes? Voici ce qu'il faut faire:

1. Passez en revue les stratégies énumèrées dans la présente section du site.

2. Si la mesure législative, l'initiative ou le programme auquel vous pensez ne s'y trouve pos, cliquez sur l'icône ci-dessous et faits-nous part de vos commentaires diréctement en utilisant la formule en ligne.

Il est aussi possible d'utiliser la formule pour nous enroger de la rétroaction sur les stratégies énumérées. Vous pourres ainsi nous aider à maintenir les renseignements à jour, et nous vous en serons très reconnaissants.



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