Le premier environnement de l’enfant est créé par les personnes qui répondent à ses besoins, c’est-à-dire qui le nourrissent, le lavent, lui parlent, lui chantent des chansons et jouent avec lui. La relation stable, aimante et stimulante qui se forme entre le bébé, ses parents et les autres adultes qui s’occupent de lui durant la première année de vie pose les bases du développement de l’enfant.


Les recherches sur le développement du cerveau au cours des premiers mois et des premières années de vie commencent à expliquer bien des choses que les parents observent depuis toujours : le fait de cajoler un enfant, de lui parler, de jouer avec lui et de lui donner beaucoup d’affection dès son plus jeune âge est crucial pour assurer une croissance et un développement sains. Les nouvelles technologies ont permis aux chercheurs :

  • de suivre les changements physiques rapides qui se produisent dans la structure du cerveau de l’enfant ;
  • de déterminer de quelle manière ces modifications coïncident avec les changements physiques, comportementaux et affectifs observés chez le bébé ;
  • d’établir des liens entre ces changements et les expériences vécues par le bébé. (126, 11)

On a identifié des périodes critiques durant lesquelles le cerveau est particulièrement sensible à certains genres d’expériences. Par exemple, la période critique pour le développement de la vision binoculaire (la capacité d’utiliser les deux yeux en même temps) est bien définie. Lorsqu’un enfant a une vision floue d’un oeil et n’arrive pas à coordonner cet oeil avec l’autre, il faut corriger ce défaut avant l’âge d’un an, sans quoi l’enfant gardera toujours une faiblesse. Si le problème n’est pas rectifié au bout de cinq ans, la vision binoculaire ne se développera jamais. (53)

Pour d’autres aspects du développement, par exemple celui du langage, on parle de périodes sensibles plutôt que de périodes critiques. Une fois que la période sensible est passée, il est encore possible d’apprendre à parler, mais cela devient plus difficile. (87)

Bien que les enfants naissent avec un bagage génétique et une personnalité qui leur sont propres, leurs expériences forment et alimentent leur potentiel. Chaque expérience sensorielle déclenche une réaction neurale précise. Durant les périodes où le cerveau est particulièrement sensible à certains types de stimulation, ceux-ci ont un effet déterminant sur le développement de l’enfant. La première année de vie comprend des périodes critiques ou sensibles pour les aspects suivants du développement :

  • la vision binoculaire;
  • le contrôle des émotions;
  • la capacité de l’enfant de se calmer;
  • l’attachement;
  • les mécanismes de réponse habituels;
  • le langage. (53)

Le processus de « câblage » du cerveau (la maturation et l’interconnexion des cellules nerveuses) dépend dans une large mesure de ce que l’enfant vit dans son environnement. Le développement optimal nécessite suffisamment de « bons » stimuli et de protection contre les « mauvais » stimuli (p. ex. une exposition fréquente à des conflits ou à la violence).

Les connexions neurales qui sont utilisées fréquemment se renforcent avec le temps pour former les circuits, le « câblage » du cerveau. (126) Durant la première année de vie de l’enfant, on assiste à une véritable explosion d’activité neurale. Les expériences qui déclenchent cette activité contribuent à former le « câblage » de base dont dépendra le bien-être physique, intellectuel, social et affectif de l’enfant.

Résultats positifs de cette transition

Bonne santé physique

Attachement durable aux parents et autres adultes responsables

Développement de la sensibilité et du contrôle des émotions

Préparation au développement du langage et à l’apprentissage