Le développement et la santé physiques débutent avant la naissance. Les femmes enceintes qui reçoivent du soutien affectif et de bons soins, qui mangent bien, qui ne fument pas et qui ne consomment pas d’alcool ni de drogue ont déjà donné à leur enfant un bon départ dans la vie. Les mères en bonne santé qui sont suivies et bien entourées durant leur grossesse risquent moins de donner naissance à un enfant de poids insuffisant. Les bébés qui pèsent plus de 2 500 grammes à la naissance ont moins de problèmes de santé que les nouveau-nés de plus petit poids. Test

Durant la première année, les bébés grossissent et grandissent rapidement. Leur mobilité et leur coordination se développent aussi très vite. À un an, ils ont plus que doublé leur poids de naissance. Ils ont acquis beaucoup d’habiletés motrices fines et leur vision est aussi bonne que celle d’un adolescent. Ils peuvent marcher à quatre pattes et parfois debout.

Le rythme et l’ordre de cette croissance suivent des étapes biologiques définies, mais le développement de certaines fonctions précises est favorisé par les parents qui aident et encouragent leurs enfants à toujours acquérir de nouvelles habiletés physiques. Les parents et les autres adultes qui sont à l’écoute des enfants savent quand ceux-ci sont prêts à tenter de nouvelles expériences. Ils encouragent les nourrissons dès leurs premières tentatives pour acquérir de nouvelles habiletés et les félicitent de leurs accomplissements.

L’amélioration de la coordination et de la mobilité est liée à la croissance des muscles et des os ainsi qu’aux changements qui se produisent dans le système nerveux central. Les chaînes de neurones qui transmettent des messages pour contrôler ces actions se forment et se renforcent à mesure que chaque activité est apprise et répétée.

Facteurs déterminants pour l’obtention de résultats positifs : bonne santé physique

 
Une grossesse saine
 
Une bonne alimentation
 
Un environnement sécuritaire
 
Le dépistage et le traitement rapides des problèmes de développement

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Une grossesse saine

Si l’on exclut les problèmes congénitaux, la santé du nouveau-né, y compris le poids à la naissance, dépend des facteurs suivants :

  • la santé de la future mère, en particulier si elle s’abstient de consommer des substances dangereuses pour le fœtus, comme le tabac et l’alcool, et si elle consomme les éléments nutritifs nécessaires pour assurer la bonne santé du bébé.

  • de bons soins prénataux, en particulier le suivi de la prise de poids de la mère, l’information sur les suppléments alimentaires requis et le suivi de toute complication survenue durant la grossesse. (77, 82, 99, 119, 53)

Le poids du bébé à la naissance est un indicateur clé d'une grossesse saine et de la santé du nouveau-né. Ce qu'on appelle communément " poids insuffisant à la naissance " signifie que les bébés naissent trop petits, trop tôt ou les deux (55). Bien qu'aujourd'hui, la plupart des bébés nés avant terme survivent grâce à l'amélioration des soins néonatals (bon nombre de bébés pesant aussi peu que 750 grammes survivent), plus le poids d'un nouveau-né est faible, plus le risque est grand que, s'il survit, l'enfant ait des problèmes permanents de santé et de développement susceptibles de limiter sa capacité de mener une vie active et productive. De plus, ces problèmes requièrent des soins médicaux et des services d'éducation spécialisée qui ne sont pas toujours disponibles et qui coûtent très cher à la société (Allen et al., 1993; 74).

Les nouveau-nés de poids insuffisant et surtout ceux de très faible poids courent un risque presque deux fois plus grand de mourir à la naissance et, s'ils survivent, de mourir avant l'âge d'un an. De même, ils courent presque deux fois plus de risques de souffrir toute leur vie de troubles chroniques ou d'une incapacité, par exemple de paralysie cérébrale, de troubles visuels, d'hyperactivité avec déficit de l'attention, de problèmes d'apprentissage ou de troubles respiratoires (Standing, 1992; McCormick et al., 1990).

Les personnes ayant grandi dans les quartiers les plus pauvres courent un risque 1,4 fois plus grand que celles qui ont passé leur enfance dans des quartiers riches de donner naissance à des bébés de poids insuffisant (77). On ne sait toutefois pas encore dans quelle mesure les retards de développement moins graves, mais plus courants, de ces enfants résultent du fait de vivre dans un milieu défavorisé, milieu où les nouveau-nés de faible poids sont plus susceptibles de grandir et de créer des liens. Chose certaine, un milieu défavorisé aggrave les problèmes cognitifs et comportementaux causés au départ par une déficience biologique (Watkins et al., 1987; Shiono et al., 1995) (190)

Les facteurs biologiques qui accroissent le risque de donner naissance à un bébé de poids insuffisant comprennent :

  • l'âge de la mère (moins de 20 ans ou plus de 45 ans);

  • les naissances multiples;

  • le tabagisme et la mauvaise alimentation de la mère.

On constate aussi que la classe sociale a une certaine influence du fait que les mères les plus pauvres sont celles qui fument le plus (Institute, 1985; Rush et al., 1983). Le tabagisme, qui retarde la croissance du fœtus, est le plus important facteur modifiable de risque d'insuffisance de poids à la naissance et de mortalité infantile. Le fait de fumer durant la grossesse, une prise de poids insuffisante chez la mère et un poids insuffisant durant la grossesse expliquent près des deux tiers des cas d'enfants ayant un retard de croissance (102). Près de 20 pour 100 des cas d'insuffisance de poids à la naissance auraient pu être prévenus si les mères n'avaient pas fumé durant leur grossesse (40). La consommation abusive d'alcool et d'autres drogues durant la grossesse est également associée à l'insuffisance de poids à la naissance et aux naissances prématurées (Schneider et al., 1989; Rodgers, 1989; Standing, 1992) (190).

Les autres facteurs biologiques de risque comprennent les causes de lésions du cerveau chez le fœtus (p. ex. le syndrome d'alcoolisme fœtal), qui entraînent souvent de l'hyperactivité, une difficulté à contrôler les impulsions, une humeur dépressive et l'incapacité de se calmer. Ces symptômes résultent souvent de la consommation d'alcool et de drogue (surtout de cocaïne) par la mère durant la grossesse. Les lésions du cerveau chez le fœtus accroissent les probabilités que l'enfant ait de la difficulté à s'attacher, connaisse des échecs scolaires, manifeste un comportement contrariant ou ait des troubles psychiques à l'âge adulte (Mannuzza et al., 1993) (190).

Les facteurs sociaux qui accroissent le risque de faible ou de très faible poids à la naissance incluent l'isolement de la mère, le manque de soutien psychologique, un stress élevé chronique et le risque d'être victime d'abus durant la grossesse (Goodyer, 1990; 328, 33). Toute mesure visant à réduire l'isolement et à remédier au stress psychologique souvent lié à la pauvreté favorise également la création de liens d'attachement durable et la mise en place d'autres facteurs précurseurs de la résilience durant la période néonatale (96).

Il y a un lien évident entre l'accouchement prématuré, principale cause de l'insuffisance de poids à la naissance aux États-Unis, et la classe sociale ; c'est aussi le cas pour le retard de croissance du fœtus. L'accouchement prématuré est par ailleurs une cause plus importante de mortalité infantile que le retard de croissance fœtal. Le tabagisme et l'alimentation de la mère, qu'on a associés au retard de croissance du fœtus, ont moins d'incidence sur les naissances prématurées que sur les problèmes de croissance. En résumé, les mesures permettant de réduire l'isolement des femmes enceintes, d'améliorer leur alimentation et de réduire leur consommation de tabac, d'alcool et de drogue peuvent accroître de façon notable, bien que limitée, le nombre de nouveau-nés en santé et résilients ainsi que de nouvelles mères détendues et bien préparées (190).

Au Canada, en 1990, 21 963 bébés pesainet moins de 2500 grammes à la naissance. (77)

Les stratégies qui contribuent à une grossesse saine visent notamment :

  • à assurer à toutes les femmes enceintes une évaluation de leurs risques physiques et psychologiques dès le début de leur grossesse, puis sur une base régulière ;

  • à mettre en place des mécanismes de soutien qui encouragent les femmes enceintes à bien s’alimenter et à réduire ou à abandonner les comportements qui mettent la santé du fœtus en danger, comme la consommation de tabac et d’alcool, les efforts excessifs et le manque de repos ;

  • à assurer un soutien psychologique aux femmes enceintes.

La famille peut veiller à ce que le bébé reçoive les soins et l'attention necéssaire pour grandir en santé.

  • Donnez à votre bébé beaucoups d'affection. Cajolez-le et donnez-lui des caresses. La stimulation physique et une bonne alimentation favorisent aussi le bon développement physique.

Les initiatives communautaires qui veillent à ce que les femmes enceintes s’alimentent bien et reçoivent du soutien social augmentent le nombre de bébés ayant un poids normal à la naissance. Les programmes de promotion des saines habitudes de vie misent sur la volonté des femmes enceintes d’améliorer leur style de vie tant dans leur intérêt que dans celui de leur bébé. En fait, de nombreuses femmes cessent de fumer spontanément durant leur grossesse, mais recommencent après la naissance du bébé. (82)

Comme les soins prénataux sont gratuits au Canada, on présume que la plupart des femmes enceintes reçoivent les soins nécessaires. Les stratégies communautaires tendent à cibler les femmes susceptibles de ne consulter un médecin que vers la fin de leur grossesse et celles dont l’enfant risque fort de connaître des conditions défavorables après sa naissance. De façon générale, il s’agit des mères adolescentes, des femmes pauvres et de celles qui parlent une langue autre que le français ou l’anglais. Par ailleurs, bien que ces catégories soient associées aux risques les plus élevés, les femmes qui donnent naissance aux bébés de plus faible poids n’appartiennent pas aux groupes à haut risque. (195) Il faut combiner les stratégies générales de promotion de la santé avec celles qui visent les groupes à risque.

Voici des exemples de programmes modèles visant à réduire le nombre de bébés ayant un faible poids à la naissance :

Voici d’autres mesures que les communautés peuvent prendre pour améliorer la santé des femmes enceintes :

  • L’accès à des cliniques pour nourrissons bien publicisées et pratiques pour les nouveaux parents peut favoriser un suivi médical régulier. Des infirmières de santé publique peuvent également rendre visite aux familles pour vérifier l’état des nouveau-nés.

  • Des mesures doivent être prises pour tenter de joindre les familles qui n’ont peut-être pas accès aux services généraux ou qui risquent d’être mal préparées à la venue d’un enfant. Les programmes de dépistage comme « Staying on Track » mettent les nouveaux parents en contact avec des services généraux ou spécialisés offerts dans leur communauté par l’entremise des services de santé publique, des centres de ressources pour les familles et de cliniques communautaires. Des programmes de mentorat, par exemple « Canadian Mothercraft’s Birth Companion » et « Parent Companion », sont également offerts aux familles vulnérables.

  • Dans le cadre des programmes de visites à domicile, des infirmières de santé publique ou d’autres personnes formées à cette fin se rendent régulièrement (une fois par semaine dans de nombreux cas) chez les parents de nouveau-nés. Ce suivi, qui peut durer de quelques mois à plusieurs années, vise à favoriser tous les aspects du développement de l’enfant et le bon fonctionnement de la cellule familiale. Certains programmes sont particulièrement axés sur la nutrition, la prévention de la toxicomanie, la préparation à l’accouchement, le développement du jeune enfant, les compétences parentales, l’élargissement des réseaux de soutien ou la liaison avec d’autres services. La recherche a démontré que les visites à domicile peuvent favoriser les résultats positifs chez les enfants et leurs parents lorsqu’une bonne relation s’établit entre l’intervenante et la famille et que le niveau de l’intervention correspond aux besoins. On peut combiner les visites à domicile avec d’autres services comme la garde d’enfants, les groupes d’éducation parentale et les groupes de jeu. (41) « Hawaii Healthy Start » (190), « Partir d’un bon pas pour un avenir meilleur » (149) et le « Prenatal and Early Infancy Project » sont des exemples de programmes de visites à domicile.

  • Les employeurs peuvent adopter des politiques souples au sujet des congés parentaux, afin de permettre aux femmes enceintes de prendre congé pour des raisons de santé avant leur accouchement sans réduire d’autre part le temps qu’elles passeront à s’occuper de leur enfant après sa naissance.

  • La possibilité de réduire le nombre d’heures de travail avant la naissance d’un enfant peut atténuer le stress vécu par les femmes enceintes.


  • Les gouvernements peuvent soutenir la recherche et adopter des lois et des règlements qui on une influence les conditions économiques, sociales et matérielles dans lesquelles les familles élèvent leurs enfants. Des travaux ont été réalisés en vue d’identifier les substances nuisibles au fœtus et les éléments nutritifs qui favorisent son sain développement.

  • Un document d’information de l’Association spina-bifida du Canada cite des travaux de recherche qui ont démontré l’importance de l’acide folique avant la conception et au tout début de la grossesse pour prévenir les malformations du tube neural. La plupart des femmes doivent prendre des suppléments nutritionnels pour s’assurer d’absorber une quantité suffisante d’acide folique.


Une bonne alimentation

La première année de vie de l’enfant est marquée par une croissance physique rapide. Une bonne alimentation est essentielle. Bien que les préparations pour nourrissons (lait maternisé) et le lait maternel contiennent les éléments nutritifs nécessaires au sain développement du bébé, l’allaitement maternel demeure le premier choix recommandé par les professionnels. En plus d’être plus économique, toujours stérile et toujours prêt, le lait maternel procure un certain nombre d’avantages nutritionnels et immunologiques, notamment :

  • un meilleur équilibre nutritionnel qui semble particulièrement favorable au développement rapide du cerveau;

  • une protection contre la gastro-entérite, les infections de l’oreille moyenne, les maladies des voies respiratoires supérieures et la mort subite du nourrisson (MSN). (229)

La bonne alimentation du bébé implique aussi une transition progressive à la diète solide à partir de l’âge de six mois environ. On ajoute des aliments solides graduellement à la diète de l’enfant afin de s’assurer :

  • que l’enfant n’ait pas d’allergies ou d’intolérances à des aliments particuliers;

  • que le système digestif de l’enfant soit prêt à accepter des aliments solides.

Les familles peuvent veiller à ce que les bébés reçoivent les soins et l’attention dont ils ont besoin pour se développer normalement.

  • Témoignez à votre enfant beaucoup d’affection physique. Serrez-le dans vos bras et couvrez-le de caresses. La stimulation physique, de pair avec une bonne alimentation, favorise le sain développement du corps.


Certains groupes communautaires et membres de la communauté offrent des services qui favorisent la bonne santé physique des jeunes enfants, notamment les services de santé publique, les médecins de famille et les pédiatres, les cliniques communautaires, les hôpitaux et les centres de ressources pour parents. Certains organismes offrent également des services à des groupes cibles particuliers, par exemple les groupes d’aide aux mères qui allaitent et les programmes de visites à domicile.

  • L’adoption par les hôpitaux de politiques favorables à la famille, qui permettent par exemple aux mères de cohabiter avec leur bébé 24 heures sur 24 et de l’allaiter au besoin, peut encourager l’allaitement maternel. Les services téléphoniques locaux d’aide et d’information et les groupes de soutien comme la Ligue la lèche peuvent aussi fournir un soutien efficace aux mères qui désirent allaiter leur enfant.

  • Adopter des politiques souples au sujet des congés parentaux. Le retour au travail est l’une des principales raisons pour lesquelles les mères cessent d’allaiter leur bébé. La possibilité de prendre un congé prolongé tout en ayant un emploi garanti permettrait à certaines femmes de continuer d’allaiter durant la période recommandée de six mois à un an.

  • Élaborer des politiques permettant un horaire de travail variable. Une enquête menée en 1988 auprès des ménages comptant au moins un enfant de moins de 13 ans a révélé que seulement un tiers des parents assumant la majeure partie des responsabilités parentales désiraient travailler à temps plein. Cinquante-trois pour cent préféraient travailler à temps partiel et 13 pour 100 souhaitaient ne pas travailler du tout. Les possibilités de partage de postes et de travail à temps partiel réduisent les contraintes des parents qui manquent de temps pour s’occuper de leurs enfants et les aident à se détendre davantage. (233)



Les gouvernements fédéral et provinciaux sont responsables de l’adoption des lois dont dépendent :

  • la durée des congés accordés aux parents pour s’occuper de leur nouveau-né;

  • les programmes de soutien du revenu qui déterminent les possibilités de congé prolongé;

  • les politiques fiscales (qui, à l’heure actuelle, favorisent les familles où les deux parents travaillent au détriment de celles où l’un des parents demeure à la maison pour s’occuper des enfants);

  • le soutien accordé à la recherche qui vise à déterminer l’effet des polluants environnementaux sur les fœtus, les mères qui allaitent et les jeunes enfants;

  • la surveillance des polluants trouvés dans l’environnement;

  • les règlements établissant des normes strictes de contrôle de la pollution.


Un environnement sécuritaire


Même si les risques d’accidents se multiplient à mesure que les enfants vieillissent, la prévention débute dès la naissance. Les parents doivent surveiller de très près les bébés, qui acquièrent rapidement de nouvelles habiletés physiques, et s’assurer que leurs jouets sont sécuritaires et appropriés à leur âge.

En ce qui a trait aux effets des polluants environnementaux, les enfants ne doivent pas être considérés simplement comme des adultes miniatures. En fait, les enfants :

  • ont un comportement différent de celui des adultes;

  • n’ont pas la même physiologie que les adultes;

  • diffèrent des adultes en ce que leurs organes n’ont pas fini de se développer.

Par conséquent, l’expérience qu’ont les enfants de leur milieu et les effets de l’environnement sur leur organisme ne peuvent pas être jugés d’après les critères applicables aux adultes.

  • En particulier, les jeunes enfants respirent tout près du sol, où se trouvent plus de fines poussières, de particules en suspension et de gaz lourds.

  • Les enfants mangent jusqu’à huit fois plus que les adultes proportionnellement à leur poids. Par conséquent, ils sont peut-être davantage exposés aux toxines contenues dans les aliments.

  • CLes organes des enfants continuent de se développer. L’absorption de certains composés durant les stades critiques de développement peut entraîner des effets permanents. (151)

Diverses études laissent entrevoir qu’il y a lieu de se préoccuper des effets des polluants environnementaux sur la santé des enfants :

  • Deux études comparatives sur le lait maternel ont révélé que la quantité de BPC contenue dans le lait des femmes inuit est cinq fois plus élevée que la quantité trouvée dans le lait des femmes vivant dans le sud du Québec. (229)

  • Les enfants des femmes qui mangent du poisson contaminé aux BPC présentent des troubles neurologiques du développement qui, sans être très graves, sont néanmoins assez importants, par exemple un quotient intellectuel moins élevé et une moins bonne capacité de compréhension en lecture. (229)

  • Les enfants pauvres risquent davantage d’être exposés à plusieurs polluants à la fois, par exemple s’ils vivent dans des logements insalubres et dans des quartiers situés à proximité de grandes artères de circulation et d’usines polluantes. (324)

Les effets de la fumée de tabac ambiante sur les fœtus et les jeunes enfants comprennent notamment des complications durant la grossesse, un faible poids à la naissance, un risque accru de mort subite du nourrisson et d’infections de l’oreille, un retard de développement des poumons et une gravité accrue de l’asthme et d’autres troubles respiratoires. En 1995, au moins 1,4 million d’enfants canadiens ont été exposés à la fumée de tabac ambiante chez eux. Les parents de la plupart des ces enfants étaient âgés de 25 à 44 ans. Ce sont les personnes appartenant à ce groupe d’âge qui fument le plus grand nombre de cigarettes par jour. (325)

Ces dernières années, la possibilité que les produits chimiques nuisent au développement des organes reproducteurs du fœtus et du jeune enfant est apparue comme un risque important nécessitant une étude plus approfondie. Il existe de plus en plus de preuves scientifiques du fait que divers polluants, qu’on appelle « perturbateurs du système endocrinien », peuvent causer des problèmes de santé, notamment des troubles de l’appareil reproducteur, le cancer, des troubles neurologiques, des problèmes de comportement et des déficiences immunitaires, en altérant les fonctions des hormones dans l’organisme. (326)

La déclaration de 1997 des leaders environnementaux des Huit sur la santé environnementale des enfants met en lumière sept enjeux nécessitant une étude plus poussée et plus d’échanges d’information en ce qui concerne les politiques et les programmes susceptibles d’apporter des solutions :

  • améliorer notre compréhension des conséquences et des implications particulières des normes environnementales pour les bébés et les enfants et échanger de l’information sur les décisions réglementaires pertinentes;

  • réduire davantage l’exposition des mères et des enfants au plomb;

  • veiller à ce que l’eau potable consommée par toutes les familles canadiennes soit conforme aux normes microbiologiques;

  • réduire les risques liés à la qualité de l’ai ;

  • réduire l’exposition des femmes enceintes, des enfants et des jeunes à la fumée de tabac ambiante;

  • réduire les risques liés aux agents perturbateurs du système endocrinien pour la santé des enfants;

  • réduire les effets des changements climatiques planétaires sur la santé des enfants. (327)

Les parents choisissent de nombreux aspects du milieu de vie des enfants et exercent aussi un certain contrôle sur les endroits fréquentés par les enfants hors de leur foyer. Les parents peuvent prendre des précautions pour réduire l’exposition de leurs enfants à d’autres risques environnementaux :

  • Interdire de fumer à l’intérieur de la maison.


  • Tenir dans la mesure du possible les enfants à l’abri des polluants environnementaux, par exemple les pesticides pour l’entretien des pelouses et les sites d’enfouissement de déchets dangereux.

  • Se joindre aux autres parents et aux groupes qui militent pour un environnement plus sain.

  • Prendre conscience du fait que les habiletés physiques d’un bébé évoluent rapidement; les situations qui sont sans danger à un moment donné peuvent devenir dangereuses la semaine suivante parce que le bébé a appris à se retourner, à atteindre des objets de plus en plus éloignés ou à ramper.

  • S’assurer d’acheter des jouets sécuritaires, c’est-à-dire non toxiques, sans rebords tranchants ni pièces détachables, et assez gros pour que le bébé ne puisse pas les avaler.

  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour rendre la maison sécuritaire avant que le bébé ne commence à ramper. S’assurer que les produits de nettoyage, les médicaments et les autres produits dangereux sont hors de sa portée. Recouvrir les prises de courant et installer des barrières pour bloquer l’accès aux escaliers.

  • Les bébés devraient toujours dormir sur le dos ou sur le côté. Bien que les causes de la mort subite du nourrisson demeurent inconnues, les recherches semblent indiquer que les bébés risquent moins d’en être atteints s’ils dorment dans l’une de ces positions.

Les mères qui allaitent et leurs familles peuvent faire des choix éclairés concernant les aliments qu’ils consomment.

  • Ne pas consommer ou consommer moins de gibier ou de poisson provenant de régions où ils sont contaminés.

  • Laver et peler tous les fruits et légumes. (229)

Les groupes communautaires jouent souvent un rôle d’orientation en sensibilisant le public aux risques environnementaux auxquels sont exposés les enfants et en préconisant des changements. Ils contribuent aussi à sensibiliser les gens aux politiques de santé publique et à leur mise en pratique. Ils peuvent :

  • persuader les municipalités de ne plus épandre de pesticides dans les parcs publics;

  • informer le public et appuyer les politiques de santé publique qui favorisent la bonne santé des enfants, par exemple l’interdiction de fumer dans les espaces intérieurs;.

  • revendiquer des mesures visant à éliminer les risques environnementaux locaux pour la santé des enfants, comme la campagne menée à South Riverdale pour faire enlever la terre contaminée au plomb;

  • encourager la sécurité à la maison par des campagnes de sensibilisation du public axées sur les attitudes des parents concernant les moyens à prendre pour assurer un environnement sécuritaire aux enfants.

Les gouvernements sont les mieux placés pour faire en sorte que les enfants grandissent dans un milieu sécuritaire, bien que leur volonté d’agir dépend dans bien des cas des pressions exercées par le public. Les gouvernements peuvent, par la recherche, l’éducation du public, les lois et règlements, favoriser la compréhension, l’éducation et l’action relatives à la santé environnementale des enfants. Le programme Les Grands Lacs : Impact sur la santé est un exemple de ce type d’initiative gouvernementale.




Le dépistage et le traitement rapides des problèmes de développement


Il est très important, à ce stade du développement de l’enfant, de lui prodiguer régulièrement des soins médicaux préventifs afin de déceler et de rectifier les problèmes de développement le plus rapidement possible. Certains problèmes comme les troubles de la vision binoculaire ont des séquelles permanentes s’ils ne sont pas dépistés et traités dès la petite enfance. (53)

  • Les mères peuvent allaiter les bébés.

  • Faire vérifier régulièrement le développement des bébés par un médecin de famille ou un pédiatre.

 

Les premières années de la vie sont extrêmement importantes pour le développement de l’enfant; pourtant, il n’existe aucun établissement public tenu de suivre les enfants durant cette étape de leur croissance ni, par conséquent, de système intégré permettant de surveiller leur développement, de dépister rapidement les troubles physiques et les problèmes de développement et de les traiter en temps voulu.

Étant donné la vaste gamme de services et de fournisseurs, une coordination efficace est nécessaire pour assurer l’évaluation et le suivi du développement de tous les enfants ainsi que pour joindre les enfants et les familles qui ont besoin d’un soutien supplémentaire et les orienter vers des services de soutien et d’intervention.

Un système de suivi du développement de tous les jeunes enfants assurerait le dépistage précoce des problèmes et permettrait de prendre des mesures appropriées dans les plus brefs délais. Un projet-pilote de ce genre a été réalisé dans le cadre du programme « Staying on Track ».

 

Connaissez-vous des mesures législatives, des initiatives ou des programmes novateurs qui contribuent au bon développement des enfants et des jeunes? Voici ce qu'il faut faire:

1. Passez en revue les stratégies énumèrées dans la présente section du site.

2. Si la mesure législative, l'initiative ou le programme auquel vous pensez ne s'y trouve pos, cliquez sur l'icône ci-dessous et faits-nous part de vos commentaires diréctement en utilisant la formule en ligne.

Il est aussi possible d'utiliser la formule pour nous enroger de la rétroaction sur les stratégies énumérées. Vous pourres ainsi nous aider à maintenir les renseignements à jour, et nous vous en serons très reconnaissants.




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