Vers l’âge de six ans, les enfants entretiennent des rapports avec les autres à de nombreux niveaux. Test

  • Ils établissent des contacts positifs et s’intègrent facilement à un groupe.
  • Ils participent à des activités coopératives.
  • Ils témoignent de l’empathie aux autres.
  • Ils règlent des désaccords de façon non agressive avec un minimum d’intervention de la part des adultes.

Les enfants commencent à s’intéresser au jeu interactif avec d’autres enfants vers l’âge de trois ans. Environ deux ans plus tard, le genre d’interactions qu’ils ont avec leurs pairs est déjà clairement établi. Les enfants qui entretiennent des rapports positifs avec d’autres enfants durant cette période ont de meilleures chances de bien s’entendre avec leurs camarades de classe lorsqu’ils iront à l’école. Comme ces modes d’interaction tendent à ne pas changer durant l’adolescence, les enfants qui adoptent des comportements négatifs, c’est-à-dire qui sont trop agressifs ou trop repliés sur eux-mêmes, continueront d’agir de cette façon si l’on n’intervient pas et auront moins de chances de nouer des relations d’amitié gratifiantes à l’école. (53)

Le jeu est la méthode d’apprentissage la plus riche pour les enfants. Il contribue au développement physique, cognitif, linguistique et socio-affectif. (64)

Naturellement, les aptitudes sociales des enfants sont le fruit des relations positives qu’ils entretiennent avec leurs parents et les autres adultes qui s’occupent d’eux ainsi qu’avec d’autres enfants. Les conseils des adultes et l’exemple que ceux-ci donnent des interactions sociales positives aident les enfants à adopter des stratégies positives dans les situations sociales. Les occasions de jouer avec d’autres enfants leur permettent de mettre leurs habiletés sociales à l’épreuve et d’apprendre de leurs camarades.

La recherche indique que, outre les contacts directs avec les adultes et les autres enfants, le milieu social où évoluent les enfants, c’est-à-dire leur famille et leur communauté, a une influence dans une certaine mesure sur leurs chances d’acquérir de bonnes habiletés sociales et sur leur bien-être affectif.

Facteurs déterminants pour l’obtention de résultats positifs : habiletés sociales propres à l’âge

 
Relations avec les parents et autres adultes responsables
 

Expériences avec d’autres adultes

 

Expériences avec d’autres enfants

Nota : Ces facteurs déterminants sont également indiqués dans le menu déroulant présenté ci-dessus. Utilisez ce menu pour naviguer sur cette page.


Relations avec les parents et autres adultes responsables

L’amour et les bons soins que l’enfant reçoit durant les premières années de sa vie posent les bases du développement de la sociabilité. Les enfants qui sont aimés pour eux-mêmes ont davantage tendance à aborder les autres avec des attentes positives. Ils sont aussi plus réceptifs aux conseils et à la discipline. En fait, on a constaté que les enfants de quatre et cinq ans qui vivent une relation d’attachement durable avec leur mère depuis le berceau sont :

  • plus enclins à témoigner de l’empathie et de l’attention à leurs pairs;
  • plus réceptifs et mieux disposés à établir des contacts avec leurs pairs;
  • lmoins souvent agressifs que les enfants dont les liens d’attachement sont moins solides. (53,25)

Les jeunes enfants acquièrent leurs habiletés sociales dans le cadre de leurs interactions quotidiennes avec leurs parents, qui jouent avec eux, leur apprennent des façons de faire, leur indiquent la manière dont ils doivent se comporter dans leurs activités quotidiennes, leur donnent l’exemple en ayant eux-mêmes des comportements sociaux positifs (sollicitude, partage, coopération, empathie) et corrigent leurs comportements inacceptables. Les études réalisées sur les relations entre les enfants et leurs parents mettent en lumière deux aspects importants du rôle parental : la mesure dans laquelle ils sont attentifs aux besoins de leurs enfants, et la mesure dans laquelle ils sont exigeants. Les enfants qui s’avèrent particulièrement habiles dans tous les genres d’activités et qui deviennent par conséquent plus autonomes, disciplinés, sûrs d’eux, socialement responsables, confiants, entreprenants et heureux ont invariablement des parents qui sont à la fois très attentifs et très exigeants.

Ces parents :

  • ont une relation empreinte de chaleur et d’affection avec leurs enfants;
  • témoignent de l’intérêt et de l’empathie à leurs enfants sans les surprotéger;
  • sont sensibles aux besoins et aux sentiments de leurs enfants et s’impliquent beaucoup dans leur vie;
  • comprennent la valeur de la réciprocité dans leurs rapports avec leurs enfants, c’est-à dire qu’ils n’exigent pas plus que ce qu’ils sont eux-mêmes disposés à donner;
  • ne ferment pas les yeux devant les comportements négatifs de leurs enfants;
  • se montrent fermes et constants sans être trop contraignants ou restrictifs dans leurs exigences envers leurs enfants. (7,75)

Une récente étude transversale canadienne sur les enfants et leurs familles démontre que ce sont les comportements parentaux, et plus particulièrement la constance, plutôt que d’autres facteurs comme le revenu ou la structure familiale, qui sont les plus souvent associés aux habiletés sociales en général et à la disposition à venir en aide aux autres. (106)

Les parents attentifs connaissent bien le tempérament de leur enfant et adaptent leurs comportements parentaux en conséquence, ce qui est particulièrement important dans le cas d’un enfant très timide ou très agressif. L’enfant qu’on n’aide pas à surmonter une agressivité ou une timidité extrême risque d’être négligé ou rejeté par ses pairs. (201, 284)

Nous comprenons encore mal comment les enfants viennent à ressentir de l’empathie pour les autres. Des études ont révélé que les enfants à qui leurs parents parlent de sentiments et expliquent les causes et les conséquences avec chaleur (en jouant avec eux, en les réconfortant ou en faisant de l’humour) deviennent plus compréhensifs et plus sensibles aux sentiments des autres. On n’a cependant pas établi avec certitude si cette plus grande sensibilité est due aux expériences de la petite enfance ou à d’autres facteurs. (55)

Les enfants dont les parents prennent le temps d’enseigner et de raisonner, ont des attentes élevées mais raisonnables, sont aimants et aidants et agissent de façon démocratique tendent à témoigner plus d’empathie aux autres et à être plus populaires. Ces façons de faire favorisent, mieux que les méthodes coercitives, l’intériorisation et l’observation par les enfants des comportements voulus. (279) Les enfants en viennent ainsi à comprendre leurs comportements et à en assumer la responsabilité, et continuent par la suite à manifester des comportements positifs.


  • Apprendre et comprendre les étapes du développement de l’enfant et avoir des attentes raisonnables.
  • Discuter de l’influence possible des comportements et de la personnalité des parents sur la façon dont ils exercent leur rôle parental.
  • Apprendre et s’exercer à bien communiquer verbalement.
  • Dans les familles biparentales, les parents devraient discuter et convenir des méthodes à utiliser pour enseigner aux enfants et pour les guider.
  • Comprendre comment les interactions entre les parents et les enfants et le fonctionnement de la famille ont une influence sur le développement des habiletés sociales.

La recherche indique que les stratégies parentales suivantes aident les enfants à acquérir des aptitudes sociales et à comprendre les valeurs sociales positives.

  • Féliciter les enfants lorsqu’ils se comportent bien.
  • Attribuer aux enfants les qualités qui correspondent à leurs bons comportements (p. ex. : « tu es généreuse de partager tes jouets avec Suzie »).
  • Être disponible pour superviser et guider les enfants et pour résoudre les problèmes.
  • Être attentif aux enfants et coopérer avec eux aussi souvent que possible.
  • Avoir des attentes élevées et les énoncer clairement.
  • Utiliser le moins possible la contrainte et les récompenses.
  • Répéter les valeurs positives.
  • Discipliner les enfants avant de se mettre en colère.
  • Discipliner les enfants par l’enseignement et l’explication; notamment, leur faire comprendre le point de vue de l’autre et les amener à ressentir de l’empathie pour une victime.
  • Faire participer les enfants aux prises de décisions et à la résolution des problèmes familiaux.
  • Utiliser des conséquences logiques.
  • Donner aux enfants des occasions d’assumer des responsabilités et de rendre service compte tenu de leur âge. (279)

  • Établir un programme approprié à l’âge des élèves sur le développement humain, la vie familiale et les relations interpersonnelles et l’échelonner sur l’ensemble des années scolaires, afin de mieux préparer les jeunes à assumer leurs responsabilités parentales. (33)

Les communautés offrent une vaste gamme de ressources et de services aux parents pour les aider à développer la sociabilité de leurs enfants.

  • Les parents peuvent obtenir de l’information sur l’éducation des enfants, y compris sur le développement social positif des enfants d’âge préscolaire, à de nombreux endroits, notamment dans les centres de ressources et de services pour les familles, les services de santé mentale pour enfants, les bibliothèques, les centres récréatifs et les cliniques, ainsi que par l’entremise de lignes d’information téléphonique et de médecins de famille.
  • Les groupes de soutien social, par exemple les centres de ressources familiales, les haltes-accueil pour parents et enfants, certains organismes communautaires et centres de santé et les services de visites à domicile, permettent aux parents d’échanger de l’information et d’apprendre de façon spontanée.

L’information sur le rôle parental ne manque pas. Il s’agit d’engager les parents dans une démarche d’apprentissage efficace et non menaçante pour les aider à acquérir de solides capacités parentales appropriées à la situation de leur famille. Les groupes qui offrent des programmes d’éducation des parents ont appris qu’il faut :

  • partir des points forts des parents et consolider les capacités qu’ils possèdent déjà.
  • bien doser l’enseignement théorique, les discussions et les occasions d’échanges spontanés.
  • intégrer les problèmes mentionnés par les parents à la matière du cours.
  • laisser du temps aux membres du groupe pour parler de leurs réussites et de leurs problèmes.
  • réduire au minimum les obstacles logistiques qui empêchent les parents de participer au programme, notamment en ce qui concerne le lieu, l’heure et le coût du cours et les services de garde requis. (278,165)

Les heures consacrées au travail et le stress vécu par les parents qui doivent trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie familiale ont un impact sur les relations parents-enfants. D’après une étude récente, 72 pour 100 des couples trouvent de plus en plus difficile de concilier travail et famille. (234)

D’autres études révèlent que la famille canadienne moyenne doit travailler 77 semaines par année juste pour payer ses comptes, et que les familles dont le revenu est le plus faible doivent travailler 83,6 semaines par année. (336)

Le manque de places subventionnées en garderie nuit à la recherche d’emploi des parents à faible revenu ou les oblige à confier leurs enfants à des personnes qui n’ont pas les compétences requises. Cette situation est très inquiétante pour les parents et peut gravement compromettre la quantité et la qualité des soins et de l’attention reçus par les enfants.

Les employeurs peuvent contribuer à réduire le stress des parents en établissant des politiques et des programmes favorables aux familles. Les heures de travail flexibles facilitent les arrangements avec les services de garde ; le nombre d’heures travaillées est le même, mais elles sont réparties différemment durant la journée ou comprimées en quatre jours plutôt que cinq. Le travail à domicile est une autre possibilité ; les hommes sont plus nombreux que les femmes à trouver que cette option permet de réduire le stress. (234) Les employeurs peuvent :

  • adopter des politiques qui tiennent compte des responsabilités familiales, afin de réduire le stress des parents. Il peut s’agir par exemple de congés parentaux en cas d’urgence ou de la possibilité de prendre du temps durant les heures de travail pour communiquer avec la garderie ou la gardienne.

  • mettre en place des mécanisme de soutien en milieu de travail pour contribuer à réduire le niveau de stress vécu par les parents. Les superviseurs aident grandement en se montrant compréhensifs et sensibles aux besoins des parents. On peut, dans ce but, offrir aux superviseurs une formation sur les responsabilités familiales et leur donner l'autorité de prendre des décisions qui aident les parents à concilier travail et famille. Il est encore rare, en pratique, que les employeurs se montrent assez souples pour répondre aux besoins des parents, même s’ils prennent de plus en plus conscience de la nécessité de créer des milieux de travail favorables à la famille. Pour la plupart des entreprises, une telle orientation représenterait un virage culturel important. (234)

  • offrir plus de soutien aux parents, particulièrement en ce qui concerne la garde des enfants. Les employeurs peuvent fournir une aide financière pour payer une partie du coût des services de garde ou ouvrir une garderie sur place. Ils peuvent aussi établir un programme d’aide aux employés pour aider les parents à trouver des services de garde adéquats. Certains syndicats ont pris des mesures pour répondre aux besoins de leurs membres, dont un bon nombre travaillent par quarts, en leur offrant des services de garde 24 heures sur 24.

Les politiques économiques et sociales des gouvernements ont un effet indirect sur la qualité des relations que les parents entretiennent avec leurs enfants. Les familles dont le revenu est insuffisant pour leur permettre de subvenir à leurs besoins essentiels subissent un niveau de stress très élevé qui peut compromettre leur bien-être. (23) Les politiques de soutien du revenu et les politiques fiscales des gouvernements, ainsi que les prestations d’assurance-emploi et les lois sur le salaire minimum, ont une incidence sur le revenu et la qualité de vie de nombreuses familles. Les gouvernements peuvent :

  • adopter des lois qui aident les parents à assumer leurs responsabilités familiales, par exemple en ce qui concerne les congés parentaux payés, le nombre maximum d’heures supplémentaires et les avantages sociaux accordés aux employés à temps partiel.

Expériences avec d’autres adultes

De nombreuses études ont démontré les bienfaits de la qualité des services de garde pour le développement social et cognitif des enfants d’âge préscolaire. (89, 53, 48) Malheureusement, on ne connaît pas la qualité des soins que de nombreux enfants reçoivent de personnes autres que leurs parents, puisque la majorité des enfants se font garder dans un cadre non réglementé. Bien que la qualité globale des services de garde dépende de nombreux facteurs (le programme lui-même, les rapports avec les parents, l’environnement physique et les ressources disponibles), la relation entre les adultes responsables et les enfants dont ils s’occupent est d’une importance cruciale pour le développement des habiletés sociales chez ces enfants, tout particulièrement s’ils n’ont pas acquis ces aptitudes au sein de leur famille. Deux études en particulier témoignent de l’effet positif de l’attention que les adultes prodiguent aux jeunes enfants qu’ils gardent.

  • Les enfants qui nouent des liens d’attachement durables avec des adultes autres que leurs parents montrent plus de sensibilité et d’empathie envers leurs pairs, sont moins agressifs et établissent plus souvent des contacts avec leurs pairs à l’âge de quatre ans que les enfants n’ayant pas de liens d’attachement sûrs. (53)

  • Les enfants qui ont des relations positives avec des adultes à l’âge de quatre ans manifestent des comportements sociaux adéquats à huit ans. Ils sont plus sociables, coopèrent davantage, montrent plus d’empathie et sont mieux disposés à négocier dans les situations de conflit. (208)

L’importance des autres adultes significatifs dans la vie des enfants ne se limite pas au personnel des garderies et des centres d’éducation des jeunes enfants. D’après une vaste étude longitudinale des enfants de l’île de Kauai, la disponibilité d’adultes aimants autres que les parents durant les premières années de vie est l’un des principaux facteurs déterminants pour l’adaptation des adolescents qui ont été exposés à quatre facteurs de risque ou plus durant leur enfance. Ces adultes comprennent les membres de la famille élargie, les voisins et les amis. (284)


Prendre le temps de visiter l’endroit où l’enfant se fera garder. Y observer le déroulement des activités ainsi que les interactions entre les adultes et les enfants et entre les enfants.

Bien choisir les personnes qui s’occuperont de l’enfant. Se renseigner sur les points suivants :

  • le nombre d’enfants pour chaque adulte responsable.

  • les méthodes utilisées pour rappeler les enfants indisciplinés à l’ordre.

  • les méthodes utilisées pour favoriser la coopération et l’empathie.

  • les méthodes qui seraient utilisées pour régler des problèmes précis d’adaptation sociale chez l’enfant.

  • la façon dont on rend compte aux parents des expériences vécues par leur enfant à la garderie.


  • Dans le passé, les écoles n’ont entretenu que peu de liens avec les fournisseurs de services de garde préscolaire. Une relation de travail plus étroite entre ces deux parties faciliterait la transition de la garderie à l’école. Le programme « Parents as Teachers », par exemple, offre un large éventail de services aux parents. Bien que ce programme soit principalement conçu pour les enfants de 0 à 3 ans, les responsables travaillent en collaboration avec les écoles, et on a constaté que les parents participants avaient une vision plus positive des écoles de leur communauté que les non participants. (227)

  • Des liens plus étroits entre les garderies et les écoles permettraient également de créer un système plus cohérent de services de soutien pour les familles et les enfants. Dans le modèle « School of the 21st Century », par exemple, l’école sert de plaque tournante pour l’éducation préscolaire et les services de garde avant et après l’école. (226)

Dans la plupart des provinces canadiennes, divers organismes communautaires publics et privés offrent des services de garde d’enfants et d’éducation préscolaire. Les liens entre ces organismes et l’administration locale varient. Les groupes communautaires qui offrent des services de garde d’enfants devraient :

  • avoir des politiques claires sur la gestion du comportement des enfants.
  • avoir des lignes directrices sur les communications avec les parents et les faire connaître aux parents.

Une étude sur la qualité de la collaboration entre les familles et les services de garde d’enfants a permis de déterminer comment les principes et les pratiques des éducatrices peuvent renforcer les liens entre ceux-ci et les familles. Après avoir analysé le fonctionnement de treize garderies exemplaires, on a conclu que les principaux critères de qualité des services de garde axés sur les familles étaient les suivants.

  • Il est important de respecter les familles et encourager leur participation. Les parents se sentent bienvenus lorsque les éducatrices se montrent accueillantes et apprécient leur appui et celui des autres parents.

  • Les parents et les éducatrices doivent travailler à établir un climat de respect et de confiance mutuels en se communiquant régulièrement leurs opinions sur l’éducation des enfants et en s’informant mutuellement au sujet du développement des enfants concernés.

  • Les garderies doivent répondre aux préoccupations et aux besoins des parents en leur offrant des services sur place ou en les dirigeant vers des services communautaires, et organiser des activités sociales et récréatives pour mettre les familles en contact et favoriser l’entraide.

  • Les garderies doivent offrir une formation aux éducatrices afin qu’elles puissent acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour collaborer avec les familles. Cette formation est essentielle pour assurer la transition des services strictement axés sur l’enfant au modèle axé sur la famille. (111)

Le « Perry Preschool Project » et « Communities Together for Children » sont des modèles éprouvés de services de garde préscolaire de grande qualité.

  • Certaines grandes entreprises offrent à leurs employés des services de garde d’enfants sur les lieux de travail.

  • Les employeurs peuvent accorder du temps aux parents pour leur permettre de trouver des services de garde et de se rendre périodiquement à la garderie de leur enfant afin d’y observer le déroulement des activités et discuter avec l’éducatrice des progrès réalisés par l’enfant.

En adoptant des politiques qui définissent les normes et le financement applicables aux services de garde d’enfants, les gouvernements fédéral et provinciaux exercent une influence déterminante sur la disponibilité, l’accessibilité et la qualité de l’éducation préscolaire de tous les enfants. Les politiques gouvernementales reflètent de nombreuses priorités différentes. Dans le contexte actuel de réduction des coûts, et étant donné le manque de consensus de la population canadienne au sujet du rôle que les gouvernements doivent jouer dans le financement des services de garde et d’éducation préscolaires, on assiste, dans les meilleurs des cas, à une volonté politique limitée lorsqu’il s’agit d’examiner des questions importantes concernant la qualité actuelle des services de garde des jeunes enfants et, dans les pires cas, à la réduction du financement gouvernemental.

  • Le gouvernement du Canada finance des programmes de recherche et des projets-pilotes qui peuvent guider les politiques et les pratiques des gouvernements provinciaux.

  • Les paiements de transfert du gouvernement du Canada aux provinces peuvent servir à accroître la disponibilité des services.

  • Les politiques de financement des gouvernements provinciaux ont une incidence directe sur le nombre et la qualité des services de garde d’enfants. Les salaires des éducatrices sont déterminés d’après le montant du financement gouvernemental disponible et la capacité de paiement des parents. De nombreux services de garde sont actuellement touchés par des réductions de financement gouvernemental et par l’insécurité financière croissante de nombreux parents. Les gouvernements provinciaux établissent également les normes minimales qui déterminent les critères de qualité de base des services de garde d’enfants, et en surveillent l’application. Ces normes ne doivent pas se limiter à l’environnement physique et aux ratios personnel-enfants.

  • Les administrations municipales contribuent, dans les limites imposées par les politiques de financement des gouvernements fédéral et provinciaux, à déterminer les différents types de services de garde dont leurs communautés ont besoin. Les municipalités coordonnent également l’information sur les services offerts localement pour les rendre plus facilement accessibles aux parents et revendiquent au besoin un plus grand nombre de places en garderie ou de subventions pour services de garde.

  • Les administrations municipales financent aussi des services d’éducation préscolaire et des groupes de jeu, souvent dans des quartiers défavorisés. Ces services, destinés aux parents qui s’occupent de leurs enfants à plein temps et aux gardiennes, visent à assurer un soutien social à ces derniers et à donner des occasions de socialisation aux enfants. Certains de ces services font partie d’un projet global de développement communautaire et d’autres sont offerts indépendamment. De façon générale, ces services ne sont pas évalués systématiquement, à l’exception du programme Partir d’un bon pas pour un avenir meilleur, que l’on surveille de très près.

Expériences avec d’autres enfants

L’observation des enfants a révélé que c’est vers l’âge de trois ans, bien qu’ils apprécient la compagnie d’autres enfants avant cet âge, que les enfants commencent à aimer jouer ensemble plutôt que côte à côte. Ce stade, qui va jusqu’à l’âge de six ou sept ans, est considéré comme critique pour le développement des styles positifs d’interaction sociale. Les habiletés sociales que les enfants acquièrent à cet âge déterminent la qualité des relations qu’ils auront plus tard dans la vie. (53)

Il est essentiel, pour qu’un enfant développe sa sociabilité, qu’il puisse jouer avec d’autres enfants. Les adultes attentifs expliquent aux enfants les règles du jeu, interviennent de façon constructive lorsque les enfants passent outre aux limites établies et s’assurent que les enfants comprennent quels comportements ne sont pas acceptables, par exemple frapper leurs camarades de jeu. Ils peuvent aussi apprendre aux enfants des façons acceptables de résoudre des problèmes, par exemple en leur faisant comprendre qu’ils doivent attendre leur tour, et contribuent de façon générale à faire du jeu une expérience positive pour les enfants. Bien que cette aide des adultes leur soit utile, les enfants apprennent en mettant eux-mêmes leurs aptitudes sociales à l’épreuve, développent leurs propres façons d’agir dans les situations sociales et se rendent compte par l’expérience de ce qui est acceptable ou inacceptables pour leurs pairs.

Entre trois et cinq ans, les enfants attachent d’eux-mêmes de plus en plus d’importance aux règles. (53) Ils adoptent des normes de groupe plus strictes, ont des attentes plus élevées les uns envers les autres et finissent par refuser de jouer avec des enfants qui n’acceptent pas les normes de comportement établies par le groupe.

C’est par leurs expériences avec d’autres enfants (et avec des adultes) que les enfants apprennent à mieux comprendre les pensées et les sentiments des autres. Grâce à la recherche, nous commençons à connaître les expériences et les processus qui contribuent à la conscience sociale de l’enfant. Les données de recherche obtenues jusqu’ici dans ce domaine sont corrélationnelles plutôt que causales. Les liens sont évidents, mais les causes et les effets ne sont pas encore clairement définis.


La capacité de comprendre les émotions d’une autre personne et l’aptitude à comprendre les projets ou les intentions de quelqu’un sont toutes deux importantes pour l’adaptation sociale. Il a été établi que ces deux processus se développent de façon distincte chez les jeunes enfants.

  • Les enfants commencent à manifester leur compréhension des autres en participant à des activités de groupe comme jouer à faire semblant et par des actions comme la taquinerie.

  • Les enfants sont plus susceptibles de révéler leurs pensées et leurs idées lors d’interactions avec d’autres enfants qu’avec leur mère.

  • Une étude a démontré qu’on peut prédire si un enfant réussira un test de cognition sociale d’après les expériences de jeu coopératif qu’il a eues avec ses frères et soeurs plus âgés.

  • L’aptitude de l’enfant à comprendre l’état mental d’une autre personne dépend du contexte émotionnel de l’interaction et ne se manifeste pas de la même façon dans toutes les situations.

  • L’aptitude de l’enfant à tenir compte du point de vue de l’autre lors de négociations est proportionnelle, dans le temps, à son degré de conscience sociale. (55)

  • Faciliter les rapports entre les enfants, de façon directe en encadrant ses propres enfants à la maison ou indirecte en leur donnant des occasions de jouer avec d’autres enfants à l’extérieur du foyer.

  • Être disponible pour enseigner aux enfants, les encadrer et les guider dans leurs rapports avec leurs pairs.

  • Avoir des attentes élevées quant aux comportements que les enfants doivent adopter les uns avec les autres, et les aider à répondre à ces attentes.

  • Apprendre aux enfants des stratégies pour régler les désaccords sans agressivité et les encourager à résoudre eux-mêmes les problèmes aussi souvent que possible sans l’intervention d’un adulte.

  • Séparer les enfants s’ils se mettent en colère et s’ils ne se contrôlent plus.

  • Pour bien choisir une garderie ou un programme d’éducation préscolaire, les parents doivent se renseigner sur les points suivants :

    le nombre d’enfants pour chaque adulte responsable.

    les méthodes utilisées pour rappeler les enfants indisciplinés à l’ordre.

    les méthodes utilisées pour favoriser la coopération et l’empathie.

    les méthodes qui seraient utilisées pour régler des problèmes précis d’adaptation sociale chez l’enfant.

    la façon dont on rend compte aux parents des expériences vécues par leur enfant à la garderie.

  • Les paroisses et les commerces offrent souvent des locaux (dans les églises et les centres commerciaux) et de l’aide financière aux groupes de jeu supervisés pour enfants.
  • Les associations de quartier peuvent fournir de la main-d’œuvre et des fonds pour améliorer ou créer des aires de jeu dans des parcs.
  • Les communautés peuvent aider les parents à choisir des services de garde de qualité qui répondent à leurs besoins, comme dans le cas de l’initiative « Communities Together for Children ».

  • Les municipalités peuvent aménager des aires de jeu sécuritaires et accessibles qui favorisent le jeu interactif chez les enfants, par exemple dans les parcs, les centres récréatifs et les écoles.

  • S’assurer que les promoteurs immobiliers tiennent compte des besoins des enfants lorsqu’ils dessinent les plans d’un nouveau quartier ou qu’ils construisent des immeubles d’habitation.

  • Offrir divers programmes de jeu supervisé gratuits ou à prix modique aux familles des quartiers défavorisés.

  • Aider les parents qui cherchent à créer des occasions de jeu pour leurs enfants.


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