Vers l’âge de six ans, la plupart des enfants : Test

  • savent reconnaître les objets d’après leur taille, leur couleur et leur forme;
  • comprennent les notions de situation, d’orientation et de temps;
  • possèdent les concepts numériques et quantitatifs de base;
  • savent raconter des histoires et exposer des faits. (56, 36)

Ils possèdent :

  • un vocabulaire riche;
  • des connaissances générales diverses;
  • l’aptitude à discuter d’événements, de sentiments et d’activités.
Pour réussir à l’école, l’enfant doit être exposé dans son milieu à de nombreux stimuli linguistiques positifs. Les adultes qui l’entourent doivent bien s’exprimer, l’écouter attentivement et lui faire la lecture tous les jours. Les enfants qui n’acquièrent pas les aptitudes linguistiques propres à leur âge durant les premières années de leur vie sont jusqu’à six fois plus susceptibles d’avoir de la difficulté à apprendre à lire à l’école que ceux qui ont reçu la stimulation nécessaire. (20)

La petite enfance est une période marquée par un développement cognitif très rapide. Cette amélioration rapide des aptitudes à parler, à compter et à résoudre des problèmes est liée aux changements remarquables qui se produisent dans le cerveau, changements qui sont eux-mêmes influencés par la diversité des expériences vécues par l’enfant. Ces expériences établissent des millions de connexions neurales qui constituent les circuits cognitifs associés à chaque habileté nouvellement acquise. (53)

La recherche moderne nous a permis de mieux comprendre le développement du cerveau et de prendre conscience de l’importance des expériences vécues pendant la petite enfance. Notamment, nous savons aujourd’hui que :

  • bien que les circuits neuraux de base soient en place à la naissance de l’enfant, c’est la stimulation produite par l’expérience qui permet à des millions de neurones de former les connexions critiques qui, finalement, programment le cerveau pour l’apprentissage, notamment l’acquisition du langage, le développement de la mémoire et d’autres facultés intellectuelles plus complexes. (11, 126)

  • le cerveau est plus réceptif durant certaines périodes de son développement à certains types de signaux sensoriels et, par conséquent, à certains types d’apprentissage. (11)

Ces connaissances scientifiques confirment ce que nous observons depuis longtemps : les expériences des premières années sont d’une importance cruciale pour le sain développement de l’enfant.

Nous savons également que l’apprentissage comporte plus que des expériences isolées qui déclenchent des réactions neurales. L’apprentissage est pour l’enfant une activité sociale faite de contacts positifs avec ses parents, d’autres adultes et des enfants. Les enfants n’apprennent pas à parler en regardant la télévision, (11) mais en écoutant leurs parents leur parler tandis qu’ils les cajolent ou jouent avec eux. Ensuite, les enfants développent leurs habiletés linguistiques en parlant avec des personnes qui engagent des conversations avec eux, qui les encouragent à parler et à écouter et qui leur répondent.

Les enfants apprennent par le toucher, la vue, l’odorat et le goût, en manipulant des objets, en jouant avec d’autres enfants et avec des jouets, en se faisant lire des histoires par des adultes et en parlant des événements qu’ils vivent, des sentiments qu’ils éprouvent et de leurs activités. (99, 33)

Facteurs déterminants pour l’obtention de résultats positifs : bonnes habiletés de langage et d’apprentissage

 
Milieu familial stimulant
 

Services de garde et d’éducation préscolaire de qualité

 

Écoles primaires bien préparées

Nota : Ces facteurs déterminants sont également indiqués dans le menu déroulant présenté ci-dessus. Utilisez ce menu pour naviguer sur cette page.


Milieu familial stimulant

Les parents sont les premiers éducateurs de l’enfant et la demeure familiale constitue son premier milieu d’apprentissage. La qualité de la relation entre l’enfant et ses parents et les expériences que ceux-ci lui permettent de vivre sont importantes pour le développement intellectuel de l’enfant et pour le préparer à faire son entrée à l’école. Différentes études ont démontré le lien entre les facteurs parentaux suivants et le développement cognitif de l’enfant :

  • le fait d’encourager l’enfant à décrire ses expériences verbalement, à demander de l’information et à communiquer ses sentiments et ses idées; (53)
  • le fait de lire régulièrement à l’enfant;
  • la participation des parents aux activités préscolaires de l’enfant; (170)
  • les ressources financières de la famille. (23,65,110,54)

Il faut du temps et de l’énergie pour fournir aux enfants la stimulation et le soutien nécessaires à leur développement. Il faut du temps et de l’énergie pour écouter les enfants, leur faire la lecture et jouer avec eux. Il faut du temps et de la patience pour encourager les enfants à apprendre par eux-mêmes. Il faut du temps et de l’énergie pour utiliser des stratégies de discipline non punitives avec constance. Les parents détendus trouvent plus facile d’être attentifs et patients avec leurs enfants. (53)

Bien que des études indiquent que la qualité des soins qu’un enfant reçoit de ses parents est plus importante que les ressources financières de la famille, un revenu stable et suffisant peut faire une différence et contribue à réduire le stress des parents et permetre d’obtenir des services de garde de qualité, d’acheter des jouets stimulants et de faire participer l’enfant à des activités de loisirs. Même si le lien entre le revenu familial et la réussite scolaire des enfants est encore mal connu, il a été démontré que la situation financière de la famille, particulièrement durant les premières années de vie et la période intermédiaire de l’enfance, a une incidence sur le rendement, les habiletés et les résultats scolaires. (54)


La demeure familiale est le laboratoire d’apprentissage de l’enfant. Les parents sont plus susceptibles de créer un milieu propice à l’apprentissage pour l’enfant s’ils savent comment bien jouer leur rôle. Les parents créent un milieu propice à l’apprentissage lorsqu’ils :

  • ont des attentes élevées mais raisonnables et aident l’enfant à répondre à ces attentes.

  • contribuent activement au développement de l’enfant et prennent plaisir à répondre à son besoin d’expériences stimulantes qui développent le vocabulaire, les connaissances générales et les aptitudes à la communication, à la résolution de problèmes et au calcul.

  • appuient et encouragent la curiosité de l’enfant et son désir d’explorer.

  • aident l’enfant dans ses efforts pour maîtriser de nouvelles habiletés et le félicitent lorsqu’il réussit.

  • fournissent à l’enfant des sources de stimulation sensorielle, par exemple de la musique, des livres, des jeux et du matériel de bricolage, et l’incitent au jeu créatif.

  • jouent avec l’enfant à des jeux (cartes, jeux de table) variés qui contribuent au développement du langage et des aptitudes au calcul.

  • contribuent à élargir les connaissances générales de l’enfant en l’amenant visiter des sites intéressants, en le faisant participer à des activités dans la communauté, en lui donnant des livres à lire, en le faisant regarder des émissions éducatives à la télévision et en en discutant avec lui.

  • aident l’enfant à développer ses aptitudes linguistiques en lui parlant et en l’écoutant, en lui racontant des histoires, en lui posant des questions ouvertes et en l’invitant à commenter un film ou une histoire.


Investir dans l’école, c’est investir dans la prochaine génération de parents. Des cours appropriés à l’âge des élèves sur le développement humain, la vie familiale et les relations interpersonnelles permettraient aux jeunes de se préparer à devenir des parents. (33)

  • Offrir aux parents diverses possibilités d’approfondir leurs connaissances sur le sain développement des enfants d’âge préscolaire. Ces services de soutien et d’éducation des parents sont fournis par différents organismes communautaires et établissements, dont les centres de ressources familiales, les cliniques de santé, les centres récréatifs, les églises et les écoles.

  • Offrir des programmes qui aident les parents à devenir de meilleurs éducateurs, comme par exemple « You Make the Difference » et « Parents as Teachers ».

  • Offrir des services de visites à domicile aux jeunes familles. Ces programmes sont habituellement destinés aux familles défavorisées sur le plan social, notamment les familles à faible revenu. Ils sont généralement offerts aux parents de nourrissons, mais certains débutent plus tard ou sont offerts durant toute la période préscolaire. « Hawaii Healthy Start » est un exemple de programme de visites à domicile.

  • Fournir des ressources matérielles par l’entremise des bibliothèques publiques ou de joujouthèques aux parents qui s’occupent de leurs enfants à la maison.

  • Surveiller les programmes communautaires pour jeunes enfants afin de s’assurer que les familles dont les ressources financières sont limitées aient accès aux ressources publiques d’apprentissage.

  • Concevoir des programmes d’approche spéciaux pour encourager les enfants des familles qui n’ont pas régulièrement recours aux services communautaires à participer à des activités dès leur plus jeune âge.

  • Donner accès gratuitement aux centres culturels et récréatifs certains jours.

  • Faire de la publicité sur les programmes de lecture des bibliothèques pour encourager les jeunes enfants et leurs parents à y participer.

De nombreuses familles canadiennes vivent des tensions croissantes entre le travail et la vie familiale. Les parents stressés qui manquent de temps sont moins disposés à créer un environnement stimulant pour leurs enfants. Un pourcentage très élevé de parents travaille. En fait, 68 pour 100 des familles dont les deux parents travaillent ont des enfants de moins de cinq ans. (232)

Les employeurs peuvent prendre des mesures pour aider les familles. Ils prennent de plus en plus conscience qu’il est dans leur intérêt d’établir des politiques favorables aux familles, puisque les employés moins stressés sont plus productifs. Des mères et des pères à qui on a demandé ce que leur employeur faisait pour contribuer à réduire leur stress ont mentionné les points suivants : (232)

Mères Pères
64 % : des congés pour raisons familiales 50 % : des congés pour raisons familiales
53 % : un superviseur compréhensif 40 % : un superviseur compréhensif
33 % : des heures de travail flexibles  
10 % : la possibilité de travailler à domicile  
  • Les employeurs peuvent réduire le stress des parents qui travaillent en formant les superviseurs pour les sensibiliser à l’importance des questions parentales pour les employés et les inciter à se montrer plus compréhensifs envers les parents. Ils peuvent également adopter des politiques qui donnent aux employés plus de latitude pour assumer leurs responsabilités familiales, par exemple un horaire flexible, des congés parentaux et la possibilité de travailler à temps partiel.

Un grand nombre de mères souhaiteraient réduire leurs heures de travail mais ne le peuvent pas. Le nombre d’heures de travail est inversement proportionnel au temps que les parents peuvent consacrer à leurs enfants et à des activités qui favorisent leur développement cognitif. Les employeurs peuvent :

  • établir des politiques qui permettent aux parents d’adopter un horaire flexible.

  • donner aux parents la possibilité de travailler à temps partiel sans que leur situation financière ou leur carrière soit gravement compromise.

  • accorder des congés parentaux pour permettre aux parents de répondre aux besoins de leurs enfants, ce qui réduit le stress des familles et aide les parents à créer un milieu stimulant pour leurs enfants, tout en améliorant la productivité des employés.

  • avoir des politiques claires au sujet des heures supplémentaires (payées ou non payées), afin d’assurer aux parents d’avoir du temps pour leurs enfants.


Les politiques sociales et économiques des gouvernements touchent la qualité de vie d’un grand nombre de familles. Par ailleurs, les gouvernements influencent et façonnent aussi l’opinion publique. Avec l’appui des autres secteurs, les gouvernements peuvent contribuer grandement à sensibiliser la population à l’importance des années préscolaires dans le sain développement des enfants et au rôle essentiel que jouent les parents en tant que premiers éducateurs. La sensibilisation du public à ces questions est une condition de base pour l’établissement de politiques publiques favorables à la famille. Le « Colorado Task Force on Parent Education and Involvement » est un exemple de ce genre d’initiative.

Les familles qui disposent d’un revenu suffisant sont plus en mesure de faire vivre à leurs enfants une variété de stimulations et d’expériences qui favorisent leur sain développement. Les gouvernements fédéral et provinciaux peuvent, par leurs politiques fiscales et leurs programmes de soutien du revenu, améliorer de façon notable le bien-être économique des familles. La description des politiques recommandées dépasserait le cadre de ce guide ; nous nous limiterons donc à mentionner les politiques qui peuvent avoir une influence sur le revenu des familles :

  • les programmes de transferts sociaux qui contribuent à assurer un revenu de base aux familles sous forme d’aide sociale ou par des suppléments de revenu pour les parents qui travaillent;

  • des politiques fiscales qui reconnaissent les coûts que l’éducation des enfants représente pour les familles et qui ne sont pas discriminatoires envers les familles où l’un des parents demeure à la maison pour s’occuper des enfants;

  • des politiques prévoyant des congés parentaux payés de plus longue durée.

Les gouvernements établissent aussi les lois du travail qui déterminent les règles de base suivies par les employeurs. L’adoption de lois sur les questions suivantes contribuerait à garantir aux parents du temps pour leurs enfants :

  • le nombre maximum d’heures supplémentaires;

  • des avantages sociaux au prorata pour les travailleurs à temps partiel;

  • le nombre de congés parentaux annuels.

Services de garde et d’éducation préscolaire de qualité

Les services de garde de qualité sont dispensés par des personnes qui connaissent bien les stades du développement de l’enfant et qui assurent aux enfants le genre d’expériences stimulantes et d’attention dont ils ont besoin pour bien se développer. (53) Pour la plupart des enfants, les activités de la garderie viennent compléter et enrichir la vie familiale, mais pour d’autres, c’est la garderie qui fournit les expériences de base essentielles à leur développement qu’ils ne connaissent pas ailleurs.

On connaît mal la qualité générale des services de garde disponibles, car plus de la moitié des enfants canadiens qui reçoivent ces services se font garder dans un cadre informel. Cette situation est révélatrice tant de l’insuffisance que du coût élevé des places dans les garderies agrées. (53)

 

Les services de garde de qualité :

  • procurent un environnement sûr et confortable;
  • emploient un nombre suffisant d’éducatrices pour que chaque enfant puisse recevoir personnellement de l’attention;
  • emploient du personnel compétent, offrent des conditions de travail acceptables et ont un faible roulement de personnel;
  • encouragent la participation des parents;
  • considèrent tous les aspects du développement de l’enfant. (33)

Les enfants qui reçoivent des services de garde de qualité sont mieux préparés à entrer à l’école.

  • Ils s’entendent mieux avec les autres enfants.
  • La transition à l’école se fait plus facilement et ils obtiennent de meilleurs résultats en classe.
  • Ils possèdent plus de vocabulaire à leur entrée à l’école et font preuve de meilleures aptitudes linguistiques au cours des années suivantes.
  • Ils obtiennent de meilleurs résultats lorsqu’on évalue leur degré de préparation à l’apprentissage à leur entrée à l’école. (53)

Malheureusement, la situation inverse produit aussi les effets inverses. Les services de garde où les enfants ne trouvent pas une stimulation attentive et des contacts positifs peuvent avoir un effet négatif sur leur comportement, leur sociabilité, leurs habiletés linguistiques et leurs aptitudes à l’apprentissage. (53)

De nombreux programmes ont démontré les bienfaits des services de garde de qualité en améliorant les habiletés sociales et cognitives d’enfants provenant de milieux défavorisés. Les programmes bien conçus procurent des avantages à long terme aux enfants. Les élèves qui ont bénéficié de bons services de garde ont moins tendance à redoubler des classes, sont moins souvent placés dans des classes d’enfants en difficulté, ont moins de problèmes de comportement, ont un taux moins élevé de grossesse à l’adolescence et obtiennent de meilleurs résultats scolaires. Ces programmes sont habituellement associés à d’autres services de soutien familial et s’inscrivent parfois dans des initiatives de développement communautaire qui cherchent à améliorer différentes conditions dans un quartier donné. (288)

Bien que tous les programmes bien dotés en ressources permettent d’améliorer les résultats généraux chez les enfants, chaque programme doit être adapté aux besoins et à la culture propres de sa communauté. Les résultats des programmes varient selon l’intensité des interventions et la durée des services mais, de façon générale, les services qui débutent lorsque les enfants sont âgés de moins de trois ans et qui sont offerts à plus long terme produisent les résultats les plus durables. (53)

Les services de garde formels ou informels sont une nécessité pour de nombreux enfants. En 1994-1995, près de 37 pour 100 de tous les enfants canadiens de cinq ans et moins, soit 850 000 enfants, étaient régulièrement confiés à des personnes autres que leurs parents pendant que ceux-ci travaillaient ou étudiaient. (53) Plus de 45 pour 100 de ces enfants se faisaient garder par des personnes non apparentées dans un cadre non réglementé. Notre connaissance des services de garde non réglementés est relativement limitée, mais les études réalisées à ce jour indiquent que, en général, ils ne favorisent pas le sain développement des enfants dans la même mesure que les garderies agréées.

Les parents peuvent s’assurer de la qualité des soins que leur enfant recevra à l’extérieur du foyer en choisissant bien les personnes qui s’occuperont de lui et en surveillant leurs pratiques.

  • Demander à être informé des pratiques d’enseignement, de jeu et de discipline de la garderie.

  • Visiter la garderie avant d’y inscrire l’enfant afin d’observer le genre d’activités qui s’y déroulent.

  • Communiquer avec les éducatrices pour s’assurer qu’elles comprennent bien les besoins de l’enfant et qu’elles l’aident à bien se développer.


Établir des partenariats avec les garderies et les centres d’éducation préscolaire de la communauté afin d’enseigner les notions du développement humain et de la vie familiale aux élèves.

Divers organismes communautaires publics et privés fournissent l’ensemble des services de garde et d’éducation préscolaire dans la plupart des provinces. Bien que les politiques de financement des gouvernements fédéral et provinciaux limitent le champ d’action des administrations municipales, celles-ci peuvent prendre un certain nombre de mesures.

  • Déterminer les différents types de services de garde dont la communauté a besoin.

  • Revendiquer plus de financement pour offrir un plus grand nombre de places en garderie.

  • Coordonner l’information sur les services de garde et l’éducation préscolaire pour rendre ces services plus facilement accessibles aux parents.

  • Fournir de l’aide financière aux groupes d’éducation préscolaire, particulièrement dans les quartiers défavorisés.

Quelques grandes entreprises ont ouvert des garderies pour leurs employés, mais ce n’est pas pratique courante. Les employeurs peuvent néanmoins aider leurs employés à assurer des services de garde de qualité à leurs enfants et contribuer à améliorer les services d’éducation préscolaire offerts dans leur communauté. Ils peuvent :

  • offrir une aide financière aux employés qui doivent faire garder leurs enfants.

  • permettre aux parents de se rendre périodiquement à la garderie de leurs enfants pour y observer les pratiques des éducatrices et pour discuter des progrès réalisés par les enfants.

  • prêter assistance aux parents qui cherchent des services de garde en établissant un programme d’aide aux employés ou en facilitant l’accès à l’information.

  • appuyer les services d’éducation préscolaire de la communauté en leur offrant de la formation ou en leur procurant des ressources. .

En 1994, seulement 25 pour 100 des enfants de deux ans ou moins et 33 pour 100 des enfants de trois à cinq ans étaient inscrits à des garderies agréées. Certains gouvernements provinciaux offrent un nombre limité de subventions aux parents à faible revenu, mais la plupart des parents doivent payer eux-mêmes ces services. En 1993, une place dans une garderie agréée coûtait entre 6 000 $ et 10 284 $ par année. Les services de garde de qualité coûtent cher à cause du faible ratio personnel-enfants.

On reconnaît de plus en plus l’importance de la qualité des services de garde pour le développement positif des enfants. On constate toutefois un manque de consensus public sur la façon d’assurer cette qualité et un manque d’engagement correspondant de la part des gouvernements.

Les gouvernements jouent un rôle important en adoptant des règlements qui aident à assurer la qualité des services de garde et en surveillant l’application de ces règlements. De plus, les gouvernements peuvent financer des programmes de formation pour les éducatrices, effectuer des recherches sur les répercussions des changements dans la participation au marché du travail sur le développement des enfants et sensibiliser le public à la nécessité et à l’importance des services de garde de qualité.


Écoles primaires bien préparées

Les habiletés des enfants qui entrent à l’école varient considérablement, pour les raisons suivantes :

  • les enfants ne se développent pas tous au même rythme.
  • les enfants proviennent de milieux culturels différents dont certains n’ont pas les mêmes normes que les écoles traditionnelles.
  • les enfants d’âge préscolaire ont accès à des expériences et à des possibilités différentes.
  • les enfants ont des styles d’apprentissage différents et certains ont parfois des troubles, non détectés, de perception qui nuisent à l’apprentissage.

Les enfants dont les habiletés cognitives ne s’inscrivent pas dans l’échelle d’aptitudes considérées comme « normales » courent le risque de se faire apposer une étiquette négative et de s’identifier réellement à cette étiquette au cours des années scolaires suivantes. (54)

Pour assurer le sain développement des enfants, il est important non seulement que les enfants soient prêts à apprendre, mais aussi que les écoles soient prêtes à enseigner. (100) En d’autres mots, les écoles doivent être en mesure de tenir compte de tous les degrés d’habileté manifestés par les enfants qui commencent leur apprentissage. Les études qui révèlent comment la compréhension de certains concepts évolue chez les enfants peuvent aider les écoles à devenir plus adaptables. (35)

Les enfants qui entrent à l’école munis de connaissances générales en mathématiques assimilent facilement les premières notions d’arithmétique. Vers l’âge de quatre ou cinq ans, la plupart des enfants comprennent intuitivement les concepts numériques suivants :

  • les chiffres forment une séquence, et chaque chiffre correspond à un seul des objets d’une série.
  • l’ordre dans lequel les objets sont comptés n’a pas d’importance. C’est le dernier chiffre du compte qui indique le nombre total d’objets.
  • les quantités sont relatives (plus ou moins grandes).
  • l’addition ou la soustraction entraîne un changement de quantité.

Entre quatre et six ans, les enfants apprennent la différence entre les nombres - quatre et cinq ne sont plus simplement deux gros chiffres : cinq est plus gros que quatre. Ils commencent aussi à comprendre les opérations d’addition et de soustraction. À mesure que la compréhension des chiffres et des quantités s’accroît, un réseau de connaissances, qu’on appelle structure conceptuelle centrale, se forme.

Ce processus implique un changement dans la façon dont les enfants interprètent cette information. Les chiffres et les quantités ne sont plus des objets extérieurs à leur personne mais des concepts qu’ils peuvent traiter mentalement. (36)À leur entrée à l’école, certains enfants n’ont pas encore franchi les premières étapes de ce processus et ne peuvent donc pas saisir les concepts numériques qu’on cherche à leur enseigner.

Comme les écoles ne sont généralement pas préparées à déceler ces différences subtiles, elles peuvent facilement prendre les difficultés d’un enfant pour un manque d’habiletés plutôt qu’un manque de connaissances.


  • Se renseigner sur les politiques et les pratiques des écoles locales et demander que les écoles encouragent la participation des parents à l’éducation de leurs enfants.

Le nombre croissant d’élèves considérés comme ayant des besoins spéciaux souligne la nécessité de concevoir des stratégies d’enseignement qui mettent l’accent sur les habiletés des enfants et qui les aident à réussir. (100) Le fait de bien réussir à la maternelle et en première année accroît les chances que l’élève obtienne de bons résultats par la suite. Cette vision n’implique pas que les écoles doivent réduire les objectifs de rendement scolaire. Il faut :

  • élaborer des outils de diagnostic plus précis pour déterminer le niveau de développement cognitif des enfants et établir des programmes plus souples pouvant être adaptés aux habiletés cognitives que les élèves possèdent déjà à leur entrée à l’école.

  • s’assurer que les méthodes pédagogiques employées conviennent au stade de développement des enfants.

 



L’école a toujours fait partie de la communauté, mais les interactions entre les communautés et leurs écoles varient considérablement. Il faut :

  • amorcer des initiatives qui favorisent la communication entre les écoles et la communauté.

  • aider les écoles à mieux se préparer à enseigner aux enfants. « The School of the 21st Century » est un exemple d’initiative entreprise dans ce but.

Les gouvernements provinciaux établissent les politiques qui sont appliquées par les ministères provinciaux de l’éducation. Il est donc du ressort des provinces de promouvoir des méthodes qui reconnaissent les différents besoins développementaux des élèves de la première année et d’élaborer des programmes qui permettent aux enseignants de tirer profit des connaissances actuelles sur le développement cognitif des enfants.

Connaissez-vous des mesures législatives, des initiatives ou des programmes novateurs qui contribuent au bon développement des enfants et des jeunes? Voici ce qu'il faut faire:

1. Passez en revue les stratégies énumèrées dans la présente section du site.

2. Si la mesure législative, l'initiative ou le programme auquel vous pensez ne s'y trouve pos, cliquez sur l'icône ci-dessous et faits-nous part de vos commentaires diréctement en utilisant la formule en ligne.

Il est aussi possible d'utiliser la formule pour nous enroger de la rétroaction sur les stratégies énumérées. Vous pourres ainsi nous aider à maintenir les renseignements à jour, et nous vous en serons très reconnaissants.



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