À leur entrée à l’école, les enfants sont en bonne santé physique si : Test

  • ils sont reposés et bien nourris;
  • ils sont de taille et de poids normaux compte tenu de leur hérédité;
  • leurs grands muscles et leurs habiletés motrices fines sont assez développés pour leur permettre de participer aux activités en classe et sur le terrain de jeu;
  • ils ont reçu les soins médicaux nécessaires pour une santé optimale;
  • ils ont été vaccinés et que tout problème de santé ou trouble physique a été dépisté et traité. (53)

La santé physique d’un enfant dépend de sa nutrition, de l’exercice qu’il fait et des soins qu’il reçoit à la maison et à la garderie. Elle est également liée à la qualité de l’environnement où il vit et joue. La propreté de l’air, de l’eau et de la terre contribue grandement à la bonne santé des enfants.

Les résultats d’une étude menée aux États-Unis auprès de 1 339 éducatrices et éducateurs de maternelle indiquent que, d’après 75 pour 100 des répondants, la bonne santé physique, le repos et une bonne alimentation sont les plus importants facteurs favorisant la disposition à apprendre. (Lewitt, 1995)

 

Facteurs déterminants pour l’obtention de résultats positifs : bonne santé physique

 
Nutrition, exercice et soins médicaux
 

Protection contre les blessures

 

Environnement physique sain

  Ressources financières suffisantes

Nota : Ces facteurs déterminants sont également indiqués dans le menu déroulant présenté ci-dessus. Utilisez ce menu pour naviguer sur cette page.


Nutrition, exercice et soins médicaux

Les jeunes corps en croissance ont besoin d’aliments nourrissants et de beaucoup d’exercice. Le régime alimentaire des jeunes enfants contribue non seulement à leur sain développement physique, mais aussi à l’adoption de saines habitudes alimentaires. Rien de plus facile que d’inciter les enfants à courir, à sauter et à grimper s’ils ont l’espace pour le faire et des compagnons de jeu. Ils développent aussi leur motricité fine naturellement si on leur donne les outils nécessaires, par exemple des crayons, des vêtements à boutonner ou une pelle.

On peut habituellement éviter les complications d’une maladie en consultant rapidement un médecin et prévenir de nombreuses maladies infantiles graves en faisant vacciner les enfants. La baisse des taux de mortalité et d’hospitalisation des jeunes enfants qu’on a enregistrée durant la dernière décennie semble indiquer que, en général, les enfants canadiens sont en bonne santé physique. (77) Toutefois, le nombre d’hospitalisations causées par l’asthme a augmenté, durant les années 1980, de 27 pour 100 chez les garçons de un à quatre ans et de 18 pour 100 chez les filles du même âge.


C’est aux parents que revient d’abord la responsabilité de veiller à ce que leurs enfants aient une bonne alimentation, fassent de l’exercice et reçoivent les soins médicaux dont ils ont besoin. Les parents peuvent contribuer à la bonne santé physique de leurs enfants en prenant les mesures suivantes :

  • servir des repas nourrissants et aider les enfants à acquérir de bonnes habitudes alimentaires;

  • veiller à ce que les enfants aient régulièrement l’occasion d’exercer leurs grands muscles, par exemple en courant, en sautant et en nageant;

  • veiller à ce que les enfants aient des activités propres à leur âge qui les aident à développer leurs habiletés motrices fines, par exemple dessiner, utiliser des ciseaux et boutonner des vêtements;

  • faire subir des examens médicaux réguliers aux enfants, les faire vacciner et veiller à ce que les problèmes de vision, de langage et d’ouïe soient détectés rapidement;

  • faire rapidement soigner les enfants en cas de maladie grave.

  • Aménager des aires de jeu intérieures et extérieures qui sont accessibles, propres, sans danger et bien entretenues.


  • Favoriser la création de groupes de jeu qui permettent aux enfants d’âge préscolaire de jouer régulièrement avec des jouets appropriés à leur âge. En plus d’aider au sain développement des enfants, les groupes de jeu préscolaires permettent aux mères isolées d’avoir des contacts sociaux et d’obtenir du soutien.

  • Aider les familles à faible revenu à assurer une bonne alimentation à leurs enfants par des initiatives comme les clubs d’achat de nourriture, les jardins communautaires et les cuisines collectives. « Food Basket » est un exemple de ce genre de projet communautaire.

  • Établir des services de dépistage pour joindre les familles qui ne font peut-être pas examiner leurs enfants régulièrement par un médecin de famille.

  • Réduire ou éliminer les obstacles financiers qui empêchent les enfants de participer aux programmes publics de loisirs.

Il est nécessaire d’établir un système global et coordonné pour suivre le développement des enfants d’âge préscolaire. Étant donné leur développement physique rapide, on doit surveiller de près la santé et les besoins des jeunes enfants afin de pouvoir détecter les problèmes de développement le plus tôt possible.

Dans la plupart des communautés, on compte sur les parents pour faire suivre leurs enfants par un médecin de famille. Cependant, de plus en plus de professionnels voient la nécessité d’une approche plus large et mieux coordonnée pour surveiller le développement des jeunes enfants. Une telle approche serait fondée sur un système de dépistage simple, mais général, qui permettrait de suivre de façon régulière le développement physique, cognitif et socio-affectif de tous les enfants d’âge préscolaire. Ce dépistage régulier assurerait l’identification et le traitement rapides de divers problèmes développementaux.

« Staying on Track » est un exemple de projet communautaire de dépistage précoce, de suivi et d’aiguillage.

Comme les gouvernements assument le coût de la plupart des services de santé, le fait d’assurer le sain développement physique des enfants représente pour eux un bon investissement. Les gouvernements peuvent :

  • s’assurer que les parents ont des ressources financières suffisantes pour bien nourrir et loger leurs enfants;

  • financer des systèmes de santé publique qui permettent de surveiller la santé de la population et concevoir des interventions en matière de promotion de la santé et de prévention des blessures et des maladies;

  • fournir des services médicaux pour traiter les enfants blessés ou malades.

Protection contre les blessures

L’expérience du monde qu’ont les enfants durant les années préscolaires est étroitement liée à l’exploration et à l’expérimentation. Les enfants sont cependant trop jeunes pour prendre conscience des risques qu’ils courent dans bien des situations. Il faut apprendre aux jeunes enfants ce qui est dangereux et leur dire ce qu’ils ne peuvent pas faire et pourquoi. Ils doivent aussi être surveillés de près. Pour éviter d’être trop contraignants, les parents doivent veiller à ce que leur maison et les autres endroits où leurs enfants jouent comportent le moins possible de risques d’accident. Les adultes doivent protéger et surveiller les enfants dans toutes les situations où il y a risque de noyade, de brûlure, d’empoisonnement ou de chute ainsi que dans les endroits où circulent des véhicules motorisés, et s’assurer qu’ils sont bien attachés lorsqu’on les transporte en voiture. (77)

Les blessures accidentelles constituent la principale cause de décès et une des principales causes d’hospitalisation des enfants et des jeunes de plus de un an. En 1995, 1 397 enfants et adolescents canadiens de 0 à 19 ans sont morts et 47 228 ont été hospitalisés par suite de blessures. (335)

  • Surveiller les enfants d’âge préscolaire en tout temps.

  • Aménager la maison pour qu’elle soit sécuritaire pour les enfants et garder les objets dangereux comme les médicaments, les poisons et les allumettes hors de leur portée.

  • Munir les fenêtres de serrures de sécurité.

  • Baisser la température du chauffe-eau pour réduire le risque que les enfants s’ébouillantent.

  • Veiller à ce que les jeunes enfants n’aient pas accès aux piscines, aux ruisseaux et aux étangs.

  • Enseigner aux enfants les règles de sécurité à suivre sur les routes, dans les voies d’accès aux garages et dans les parcs de stationnement, et veiller à ce qu’ils les respectent.

  • En voiture, toujours asseoir les jeunes enfants dans un siège de sécurité.

  • Insister pour que les enfants portent un casque protecteur pour patiner ou faire du vélo.

  • S’assurer que les enfants aient des jouets propres à leur âge, que leurs jouets et leurs vêtements soient sécuritaires et qu’ils soient approuvés par l’Association canadienne de normalisation (CSA).

Les communautés ont un rôle à jouer tant dans la promotion des pratiques sécuritaires que dans le maintien d’un environnement sûr. Elle peuvent :

  • s’assurer que le matériel des parcs et des terrains de jeux est aussi sécuritaire que possible en vérifiant leur conception et en veillant à leur entretien.

  • organiser une campagne de prévention pour informer les familles des risques d’accident courus par les enfants d’âge préscolaire et des mesures à prendre pour prévenir ces risques.

  • s’assurer que les normes de sécurité et de supervision soient suivies dans toutes les écoles publiques et privées.

  • assurer l’adhésion au règlement sur le port obligatoire de la ceinture de sécurité.

Les gouvernements adoptent des lois et formulent des règlements sur de nombreux aspects de la sécurité publique, y compris la sécurité des enfants, et s’assurent qu’ils sont bien suivis. Ils peuvent :

  • rendre obligatoire l’utilisation de dispositifs qui contribuent à la sécurité des enfants, comme les ceintures de sécurité et les casques protecteurs.

  • faire appliquer les règlements municipaux en matière de construction et les normes de sécurité des bâtiments, par exemple en ce qui concerne les détecteurs de fumée et l’installation de clôtures autour des piscines privées.

Environnement physique saint

Les aliments que les enfants consomment, l’air qu’ils respirent et l’eau qu’ils boivent contribuent à leur sain développement. En ce qui a trait aux effets des polluants environnementaux, les enfants ne doivent pas être considérés simplement comme des adultes miniatures. En fait, les enfants :

  • ont un comportement différent de celui des adultes;
  • n’ont pas la même physiologie que les adultes;
  • diffèrent des adultes en ce que leurs organes n’ont pas fini de se développer.

Par conséquent, l’expérience qu’ont les enfants de leur milieu et les effets de l’environnement sur leur organisme ne peuvent pas être jugés d’après les critères applicables aux adultes.

Les enfants, et en particulier les plus jeunes, respirent tout près du sol, où se trouvent plus de fines poussières, de particules en suspension et de gaz lourds. Les enfants mangent jusqu’à huit fois plus que les adultes proportionnellement à leur poids. Par conséquent, ils sont peut-être davantage exposés aux toxines contenues dans les aliments. De plus, les organes des enfants continuent de se développer. L’absorption de petites quantités de certains composés durant les stades critiques de développement peut entraîner des effets permanents. (151)

Diverses études laissent entrevoir qu’il y a lieu de se préoccuper des effets des polluants environnementaux sur la santé des enfants.

  • Les registres des admissions des hôpitaux révèlent que le nombre d’enfants hospitalisés pour des troubles respiratoires augmente durant les périodes où l’air est très pollué.

  • L’asthme est maintenant la maladie chronique la plus répandue chez les enfants. Les polluants intérieurs et extérieurs contribuent probablement à l’apparition de l’asthme et peuvent en aggraver les symptômes.

  • Des études réalisées sur de jeunes animaux ont démontré que leur système nerveux en plein développement est plus sensible à certaines toxines à cause de leur métabolisme immature. On craint que le système nerveux des humains soit aussi plus vulnérable, durant son développement, lorsqu’il est exposé à certaines toxines. (229)

  • Les enfants pauvres risquent davantage d’être exposés à de nombreux polluants à la fois, par exemple s’ils vivent dans des logements insalubres et dans des quartiers situés à proximité de grandes artères de circulation et d’usines polluantes. (324)

Les effets de la fumée de tabac ambiante sur les fœtus et les jeunes enfants comprennent notamment des complications durant la grossesse, un faible poids à la naissance, un risque accru de mort subite du nourrisson et d’infections de l’oreille, un retard de développement des poumons et une gravité accrue de l’asthme et d’autres troubles respiratoires. En 1995, au moins 1,4 million d’enfants canadiens ont été exposés à la fumée de tabac ambiante chez eux. Les parents de la plupart des ces enfants étaient âgés de 25 à 44 ans. Ce sont les personnes appartenant à ce groupe d’âge qui fument le plus grand nombre de cigarettes par jour. (325)

Ces dernières années, la possibilité que les produits chimiques nuisent au développement des organes reproducteurs du fœtus et du jeune enfant est apparue comme un risque important nécessitant une étude plus approfondie. Il existe de plus en plus de preuves scientifiques du fait que divers polluants, qu’on appelle « perturbateurs du système endocrinien », peuvent causer des problèmes de santé, notamment des troubles de l’appareil reproducteur, le cancer, des troubles neurologiques, des problèmes de comportement et des déficiences immunitaires, en altérant les fonctions des hormones dans l’organisme. (326)

La déclaration de 1997 des leaders environnementaux des Huit sur la santé environnementale des enfants met en lumière sept enjeux nécessitant une étude plus poussée et plus d’échanges d’information en ce qui concerne les politiques et les programmes susceptibles d’apporter des solutions :

  • améliorer notre compréhension des conséquences et des implications particulières des normes environnementales pour les bébés et les enfants et échanger de l’information sur les décisions réglementaires pertinentes;
  • réduire davantage l’exposition des mères et des enfants au plomb;
  • veiller à ce que l’eau potable consommée par toutes les familles canadiennes soit conforme aux normes microbiologiques;
  • réduire les risques liés à la qualité de l’air;
  • réduire l’exposition des femmes enceintes, des enfants et des jeunes à la fumée de tabac ambiante;
  • réduire les risques liés aux agents perturbateurs du système endocrinien pour la santé des enfants;
  • réduire les effets des changements climatiques planétaires sur la santé des enfants. (327)

Nous ne pouvons traiter dans ce guide de tous les nombreux sujets de recherche qui ont été étudiés dans ce domaine, mais il en ressort qu’on s’inquiète de plus en plus de la vulnérabilité aux polluants environnementaux des organismes en croissance. Nous savons aussi que des aliments sains et que la qualité de l’eau et de l’air sont essentiels à la bonne santé des enfants.

Les parents choisissent de nombreux aspects du milieu de vie des enfants et exercent aussi un certain contrôle sur les endroits fréquentés par les enfants hors de leur foyer. Ils peuvent :

  • interdire de fumer à l’intérieur de la maison et dans la voiture;

  • se débarrasser des causes possibles d’asthme, par exemple les tapis et les animaux de compagnie, si les enfants ont des troubles respiratoires;

  • tenir dans la mesure du possible les enfants à l’abri des polluants environnementaux, par exemple les pesticides pour l’entretien des pelouses et les sites d’enfouissement de déchets dangereux;

  • se joindre aux autres parents et aux groupes qui militent pour un environnement plus sain.

Les groupes communautaires jouent souvent un rôle d’orientation en sensibilisant le public aux risques environnementaux auxquels sont exposés les enfants et en préconisant des changements. Ils contribuent aussi à sensibiliser les gens aux politiques de santé publique et à leur mise en pratique. Les groupes communautaires peuvent :

  • persuader les municipalités de ne plus épandre de pesticides dans les parcs où jouent les enfants;
  • informer le public et appuyer les politiques de santé publique qui favorisent la bonne santé des enfants, par exemple l’interdiction de fumer dans les espaces intérieurs;
  • revendiquer des mesures visant à éliminer les risques environnementaux locaux pour la santé des enfants.

Les gouvernements sont les mieux placés pour faire en sorte que les enfants grandissent dans un milieu sécuritaire, bien que leur volonté d’agir dépende dans bien des cas des pressions exercées par le public. Les gouvernements peuvent, par la recherche, l’éducation du public, les lois et les règlements, favoriser la compréhension, l’éducation et l’action afin que les enfants grandissent dans un environnement physique sain.

Le programme Les Grands Lacs : Impact sur la santé est un exemple de programme visant à protéger les mères, les bébés et les enfants contre les effets des produits toxiques pour l’environnement.


Ressources financières suffisantes

Il est essentiel que les familles disposent de ressources financières suffisantes pour nourrir, loger et vêtir les enfants et pour acheter les autres biens et services nécessaires à leur sain développement physique. Les familles qui ont un revenu stable et adéquat peuvent se procurer des aliments sains, choisir de vivre dans des quartiers sûrs et faire participer leurs enfants à des activités de loisirs qui les aident à bien se développer.

En 1995, 25 pour 100 des enfants canadiens vivaient sous le « seuil de faible revenu », une mesure couramment acceptée de la pauvreté. Les familles à faible revenu avec de jeunes enfants sont plus nombreuses que celles dont les enfants sont plus âgés, parce que les parents plus jeunes sont moins avancés dans leur carrière. Les familles monoparentales dirigées par une femme sont les plus susceptibles de vivre dans la pauvreté. (332)

En 1998, les banques alimentaires ont servi 250 000 enfants. (321)

Un emploi assurant un revenu suffisant est l’option de premier choix pour toutes les familles qui ont des enfants. Dans certaines familles, cependant, le ou les parents ne travaillent pas. D’autres ont un emploi qui ne leur permet pas de subvenir à leurs besoins de base. Les politiques gouvernementales ont un rôle important à jouer pour assurer à toutes les familles un revenu suffisant pour répondre aux besoins essentiels de leurs enfants. Les politiques suivantes ont une influence directe sur le revenu des familles et sur l’aptitude de celles-ci à subvenir aux besoins de base des enfants :

  • les politiques fiscales;
  • les politiques de soutien du revenu;
  • les politiques touchant les prestations d’assurance-emploi;
  • les politiques relatives aux congés parentaux.



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